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Source : Mediapart - Fini de rire - 21/12/2018

Hiver 2018 : ils sont venus, ils sont là, dépouillés de leur vie d'avant, ballotés sous le vent des injonctions administratives et politiques. Mais il arrive qu'ils rencontrent des habitants pour faire un bout de chemin avec eux.

Où se réfugier après le gymnase, abri de fortune ?
À Nantes, comme un peu partout, encore et toujours des demandeurs d'asile abandonnés à la rue en dépit des engagements internationaux de la France, des familles exilées laissées sans abri, des mineurs non reconnus comme tels et, eux aussi, rejetés à la rue. D'abri précaire en abri précaire, chroniqué ici, ici et , 150 personnes trouvent tant bien que mal une place dans un gymnase non chauffé, dans le quartier de Beauséjour (sic).

20 décembre 2018. Extraits d'un communiqué du collectif L'Autre cantine, qui a distribué depuis l'été des dizaines de milliers de repas chauds.
« Depuis la réquisition du gymnase de Beauséjour, propriété du Diocèse, des tractations sont tentées pour reloger de façon décente les habitant-es.
Début novembre, plusieurs collectifs et associations avaient demandé la création d'un centre d'hébergement dans un lieu plus adapté. Une proposition avait été faite par le Diocèse, dans les anciens locaux de d'une école et un projet monté : 60 places, pour 3ans, collaboration des associations et collectifs de soutien, présence de travailleurs sociaux, pour un coût dérisoire de 4.50€ / jour !

Mais la mairie de Nantes refuse.
En plein centre ville, trop visible, peur de se faire "déborder", menace d'envoyer des contrôles sanitaires, tous les arguments sont bons pour s'opposer.
Elle propose plutôt un autre lieu, appartenant aussi au Diocèse, plus éloigné, moins visible, de 70 places, sans collaboration avec des associations et collectifs présents au gymnase depuis le début pour un coût de 40 à 50€/jour jusqu'en août.
Le diocèse a accepté cette proposition d'hébergement d'urgence. Mais l'hébergement d'urgence n'existe pas et que viendront les 70 en août quand cet hébergement n'existera plus ? L'Autre Cantine a demandé à ce que les deux projets soient mis en place, simultanément.

Hier, le Diocèse nous a fait savoir qu'il refusait que l'école Notre Dame du Bon Conseil soit utilisée comme centre d'hébergement alors même qu'elle est vide depuis plusieurs années et vouée à la démolition.
Pire, il a même mis en place une stratégie de chantage : le centre d'hébergement de 70 places de la mairie est prêt à accueillir cette semaine des habitant-es mais cela ne sera possible que si tout le monde quitte le gymnase !!!
A moins d'une semaine de Noël, le Diocèse de Nantes est prêt à remettre à la rue des familles, des mineurs, des hommes et femmes !!!
Aujourd'hui se tient le conseil d'administration du Diocèse : va-t-il demander l'expulsion du gymnase ?
L'abbé PIerre disait que "chaque hiver il y aura le scandale des sans-logis" et qu'il y a "une loi avant les lois : pour venir en aide à un humain sans toit, sans pain, privé de soins, il faut braver toutes les lois.”
À bon entendeur ..
. »

20 décembre 2018. Retrouver un demandeur d'asile du côté d'Albi
Message diffusé sur une liste nationale d'association.
« J'ai reçu ce matin un appel d'une personne travaillant dans le Tarn qui a retrouvé le portefeuille d'un demandeur d'asile somalien. Cette personne ne l'a pas apporté à la gendarmerie lorsqu'elle a découvert qu'il s'agissait de celui d'un demandeur d'asile, pensant qu'il n'oserait peut-être pas aller le chercher là-bas : c'est pourquoi elle nous a contactés.
Cette personne aurait effectué un aller simple Montauban-Albi le 14/08/2018. Si vous le connaissez et qu'il le souhaite, n'hésitez pas à me contacter
. »

L'appel a été entendu, cette personne a été retrouvée et a pu récupérer ses précieux papiers !

20 décembre 2018. Alain (15 ans) ne passera pas les « fêtes » dehors !
Cinq propositions d'accueil ont été reçues en 24 heures, en réponse à l'appel suivant, lancé par deux intervenantes d'une association d'aide aux migrants.

«  Alain a 15 ans et demi, est camerounais, francophone et catholique et a fini la troisième « bureautique »
De famille très modeste, Il a quitté son pays quelques mois après le décès de son papa, laissant sa maman et quatre frères et soeurs, ayant pris pour argent comptant les paroles d’un copain plus âgé qui l'avait persuadé que c’était  facile d’arriver jusqu’en Europe. Il avait aussi vu un documentaire sur France  24 qui expliquait comment les jeunes migrants étaint bien pris en charge à Nantes!
Après avoir parcouru 6000 km (Nigeria, Niger, Algérie, 6 mois au Maroc...) il arrive en août 2018 à Nantes, où il est reconnu mineur; pris en charge en foyer. Transféré par la suite dans un foyer au Mans, après 10 jours on le déclare majeur ! Retour à la case départ. Les démarches sont alors entreprises pour faire annuler cette décision (tous les  documents nécessaires sont actuellement aux mains de son  avocate).
Claudine et moi avons été incapables de le laisser à la rue, en larmes, par un soir de grand froid - nous en partageons la garde alternée depuis un mois.
Il est charmant, très bien elevé (fait son lit, lave sa bonde de douche, lave ses couverts...), discret et facile , très ouvert, curieux et serviable ; compagnie très agréable.
Il dispose d’un viel ordi perso sur lequel il adore regarder des séries nigérianes ou humoristiques ou à l’eau de rose quand il est tout seul. Il aime le foot et aussi... faire des dictées! ,
Un gamin qui a grandi un peu vite mais aussi un survivant, courageux et souriant, un peu surpris que la réalité soit assez différente du schéma envisagé;
Notre souci, pour des raisons familiales étant l’une absente à Noël et l’autre dans l’incapacité de le prendre en charge durant les trois-quatre jours autour de ce jour, nous cherchons vivement un famille ou une personne qui puisse l’accueillir ; nous en sommes désolées;
Merci.
Claudine et Véronique
 »

Informations recueillies par Martine et Jean-Claude Vernier
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