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L'Humanité | 26/08/2009

Sans-papiers . L’administration s’acharnait contre Vojin Milic, père de famille serbe dont la femme vient d’être régularisée.

La machine administrative, lancée à plein régime, semblait impossible à arrêter. Sa cible : Vojin Milic, quarante-deux ans, Serbe d’origine croate, en France depuis treize ans. En situation irrégulière malgré ses nombreuses demandes de régularisation, il a été arrêté le 10 août dernier et placé au centre de rétention de Palaiseau (Essonne), dans l’attente d’une probable expulsion.

Hier, enfin, après plusieurs jours de calvaire pour lui et sa famille, le tribunal administratif de Versailles a accepté sa demande de remise en liberté assortie d’une injonction au préfet de Bobigny de réexaminer sa demande de régularisation dans un délai d’un mois. Vojin Milic devait être libéré dès hier soir.

Aveuglée par ses quotas d’expulsion, l’administration s’acharnait contre un homme qui remplit pourtant un certain nombre de critères lui permettant de rester en France : plus de dix ans de présence sur le territoire ; père de deux enfants scolarisés à Drancy (Seine-Saint-Denis) - Jovana, treize ans, et Jovan, neuf ans -, travailleur dans le secteur du bâtiment bénéficiant de promesses d’embauche. Enfin et, surtout, sa femme est convoquée aujourd’hui en préfecture de Bobigny pour y retirer son titre de séjour « vie privée familiale » !

Une situation kafkaïenne qui ne semblait pas gêner les services de l’État. « L’administration répond que puisque madame a un titre de séjour, monsieur pourra faire une demande de regroupement familial depuis la Serbie, dénonçait son avocate hier devant le tribunal administratif de Versailles. Mais il devra être séparé de sa famille pendant au moins un an, sans aucune assurance d’une réponse favorable. »

Une quinzaine de personnes avaient fait le déplacement jusqu’à Versailles pour les soutenir. Richard Moyon, du Réseau Éducation sans frontières, dénonce l’hypocrisie du ministre de l’Immigration. « Éric Besson prône l’unité familiale pour mettre des enfants en prison sans les séparer de leurs parents. Mais dans un cas comme celui-là, le ministre se fout bien de l’unité de la famille. » Plaidant le « droit des enfants à avoir une vie normale », la FSU à écrit au ministre pour lui demander la libération immédiate de M. Milic. Des voisins drancéens étaient là aussi pour soutenir la famille. « Nous, on pense qu’il devrait juste être régularisé et vivre une vie normale », soupire Mohamed Boussoufa, vingt-six ans. Libre, Vojin Milic va pouvoir se battre, désormais, pour obtenir sa régularisation.

Marie Barbier



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