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Source : Le Monde avec AFP - 25/7/2019

Le nombre de migrants présents à bord de l’embarcation ayant coulé dans la nuit de mercredi à jeudi demeure incertain, les chiffres fluctuant selon les sources.

Les corps de 62 migrants ont été repêchés vendredi 25 juillet en Libye après le naufrage la veille de leur embarcation au large de la ville de Khoms, « pire » tragédie de cette année en mer Méditerranée selon l’ONU. Le nombre de migrants présents à bord de l’embarcation ayant coulé dans la nuit de mercredi à jeudi demeure incertain, les chiffres fluctuant selon les sources.

Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), quelque 145 personnes ont été secourues, tandis que 110 restent portées disparues au large de la Libye, pays plongé depuis 2011 dans le chaos avec des luttes de pouvoir et des milices qui font la loi. De son côté, la marine libyenne évoque 134 rescapés et 115 disparus. L’ONG Médecins sans Frontières (MSF) en Libye estime pour sa part que près de 400 personnes se trouvaient à bord du bateau.

« Nous allons poursuivre les opérations pour récupérer les corps rejetés par la mer cette nuit et demain », précise M. Sbeih, responsable du Croissant rouge libyen, confirmant qu’il n’était pas possible de donner un chiffre total des victimes du naufrage.

Lire nos informations : Les migrants bloqués en Libye « ont le choix entre errer en Méditerranée ou mourir bombardés »

« Une embarcation en bois (…) a fait naufrage à moins de 5 milles marins de la côte selon les témoignages de rescapés », a fait savoir le général Ayoub Kacem, porte-parole de la marine libyenne. Les individus rescapés, des Erythréens pour la plupart, mais également des Palestiniens et des Soudanais, attendent d’être transférés dans des « centres d’hébergement », a-t-il ajouté, dans un communiqué.

Des migrants secourus se reposent sur une côte, à environ 100 kilomètres à l’est de Tripoli, en Libye, le 25 juillet.
Des migrants secourus se reposent sur une côte, à environ 100 kilomètres à l’est de Tripoli, en Libye, le 25 juillet. HAZEM AHMED / AP

« Un homme se noyait et a vu disparaître toute sa famille »

L’équipe de Médecins sans frontières (MSF) en Libye a prodigué des soins à 135 personnes, a rapporté son chef Julien Raickman ajoutant, d’après les récits recueillis auprès des survivants, que près de 400 personnes se trouvaient à bord. M. Raickman, basé à Tunis et joint au téléphone par l’AFP, a expliqué que les naufragés étaient partis « possiblement à bord de trois bateaux arrimés les uns aux autres, ce qui expliquerait leur désintégration » :

« Les gens étaient extrêmement choqués, un homme tiré de l’eau alors qu’il se noyait a vu disparaître toute sa famille. »

« La pire tragédie en Méditerranée cette année vient de se produire », a déploré le Haut-Commissaire de l’ONU pour les réfugiés (HCR), Filippo Grandi, sur Twitter.

« La reprise des opérations de sauvetage en mer, la fin de la détention des réfugiés et des migrants en Libye, la multiplication des voies de sortie sûres hors de la Libye sont nécessaires maintenant. »

Généralement, les migrants secourus en mer et ramenés en Libye sont d’abord accueillis par le Croissant rouge libyen, les personnels de l’OIM et d’organisations locales qui leur offrent soins et nourriture. Ensuite, ils sont placés dans des centres de détention. Ces derniers mois, des ONG ont dénoncé les conditions de détention des migrants. Selon des chiffres de l’OIM, au moins 5 200 personnes sont actuellement dans des établissements de ce type en Libye.

Lire le récit : loin des regards, la mer Méditerranée est devenue un « trou noir »

« Protection au titre du droit international humanitaire »

L’Union européenne apporte un soutien aux garde-côtes libyens pour qu’ils freinent les arrivées sur les côtes italiennes, distantes de quelque 300 km des côtés libyennes. En 2017, elle a validé un accord conclu entre l’Italie et Tripoli pour former les garde-côtes libyens et depuis le nombre d’arrivées en Europe via la Méditerranée a fortement chuté.

« Les réfugiés et les migrants en Libye sont extrêmement vulnérables et ont droit à une protection au titre du droit international humanitaire », a indiqué Thomas Garofalo, directeur du bureau libyen de l’International Rescue Committee. Il est « urgent » que les missions de recherche et de sauvetage des ONG soient « dépénalisées » et que l’opération Sophia soit rétablie.

Les navires des ONG et ceux de l’opération européenne Sophia intervenaient pour secourir les migrants, mais ces opérations ont pâti en 2019 de la réduction du champ d’action de Sophia et des démarches contre les ONG d’Etats européens cherchant à limiter l’arrivée des migrants. Avant le naufrage de jeudi, le HCR et l’OIM avaient fait état d’au moins 426 personnes mortes en tentant de traverser la Méditerranée depuis le début de l’année.

Malgré des violences persistantes depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi il y a huit ans après une révolte, la Libye reste un important point de transit pour les migrants fuyant l’instabilité dans d’autres régions d’Afrique et du Moyen-Orient et qui cherchent à rejoindre l’Europe.

 

 


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