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Source : France Belu - Stefane Pocher, France Bleu Hérault - 27/7/2019

INFO FRANCE BLEU. Une enquête est ouverte par le parquet de Lyon après un grave incident survenu jeudi au centre de rétention de Lyon. Des policiers sont entrés dans une salle d’entretien alors qu’une avocate était avec sa cliente et ont fouillé son sac. "Un fait grave" pour le bâtonnier du Rhône.

Une avocate biterroise choquée par l'attitude de policiers à son encontre. Maître Séraphine Gonzalez s'entretenait avec une cliente dans une salle d'audition du centre de rétention administrative de Lyon saint Exupery, ce jeudi 25 juillet dans le département du Rhône quand deux policiers ont fait irruption dans la pièce. Ces fonctionnaires ont alors fouillé ses affaires sans son autorisation. "Elle s'est sentie humiliée" et en a référé au bâtonnier du Rhône.

" On ne traite pas un avocat comme ça devant son client !" — Maître Fader Hamel, bâtonnier du Rhône

Le bâtonnier du Rhône a aussitôt alerté le Procureur de la République de cette infraction assez rare. Une enquête a aussitôt été ouverte. "On ne peut pas laisser de tels faits se reproduire. C’est une atteinte très grave à la profession. Cette fouille est assez surprenante", écrit le bâtonnier de Lyon dans un courrier envoyé au parquet.

Une atteinte au secret professionnel

Il s'agirait d'une première en France d’après l’ordre des avocats de Lyon : "Cette infraction porte atteinte à l’exercice des droits de la défense et au respect professionnel de l’avocat, indépendamment du caractère humiliant de cette situation"dénonce Maitre Fader Hamer . Les faits sont qualifiés de graves par la profession. 

En aucun cas, des policiers ne peuvent pénétrer dans une salle d’entretien en raison de sa confidentialité. Le secret professionnel est sacré. Ces entretiens se déroulent dans la plus stricte intimité afin de respecter le droit de la défense. Les tiers ne doivent pas être informés des confidences faites par un client à son avocat.

"Dans ce cas précis, cette avocate est considérée comme un malfaiteur"

 

Le parquet a demandé le visionnage des images de la caméra de vidéosurveillance installée dans cette salle d’entretien afin de déterminer les circonstances de cette fouille. 

Maître Séraphine Gonzalez avait déjà rencontré sa cliente à deux reprises dimanche et lundi dernier. Cette dernière, âgée de 35 ans qui confirme les faits dans un courrier dont nous avons eu connaissance, a été interpellée le 2 juillet à la gare SNCF de Clermont-Ferrand avant d’être transférée dans ce centre de rétention en vue d’une expulsion vers le Cameroun, suite à une décision préfectorale.

Un sentiment de défiance vis-à-vis des avocats

L’enquête déterminera si les policiers ont outrepassé leurs droits. Cette fouille aurait pu être réalisée avant cet entretien.  Au pire, après. "Quelle image cela donne de l'avocat, traité comme un suspect? s'interroge le bâtonnier " Alors excès de zèle de la part de ses deux agents? Ils voulaient visiblement vérifier à la demande de leur supérieur si Séraphine Gonzalez ne transportait pas un objet licite  ou une  autre pièce compromettante. 

A l’entrée du centre de rétention administrative de Lyon Saint-Exupéry, un portique est pourtant en fonction et en mesure de détecter toute intrusion d'objet métallique . Les deux premiers déplacements de l'avocate biterroise se sont déroulés sans incident. Elle n'a pas encore décidé si elle allait porter plainte. Quoiqu'il en soit, cette intrusion va laisser des traces.

Le préfet de Lyon a été averti (ou le sera) lui aussi.  

 


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