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Source : Le Télégramme - 12/8/2019

Depuis l’adoption de la loi asile-immigration en 2018, les conditions de vie sont de plus en plus carcérales dans le Centre de rétention administrative (CRA) de Saint-Jacques-de-la-Lande, selon la Cimade.

Au Centre de rétention administrative (CRA) de Rennes, les sans-papiers ne sont pas en « détention », mais en « rétention » : ils y sont placés sur décision de la préfecture, et non pas de la justice. En théorie, donc, la rétention n’est pas une mesure punitive. Mais, selon la Cimade, association aidant les sans-papiers dans leurs démarches administratives, une dérive répressive serait apparue dans le centre.

 

« Il y a un durcissement de la rétention des personnes migrantes, lié à la politique actuelle. On ne prend pas assez en compte tous les impacts sur les personnes : automutilations, tentatives de suicide… Leur vie est en danger », déplore Alice Lukacs de l’association Cimade.

La préfecture atteste de deux cas de ce type cette année. « Ils ont tous les deux été conduits au CHU de Rennes pour y recevoir les soins nécessaires puis ont été admis en établissement spécialisé. L’un a regagné le CRA après 10 jours d’hospitalisation, l’autre en a profité pour s’enfuir du centre spécialisé », explique le service communication de la préfecture.

La frontière détention-rétention de plus en plus floue

Une proportion importante des retenus serait déjà passée par le CRA. « Certaines personnes passent un nombre illimité de fois dans le centre, elles sont libérées par la préfecture, puis replacées en rétention parce que le consulat des pays ne les reconnaît pas », explique Alice Lukacs.

De son côté, la préfecture d’Ille-et-Vilaine admet que « le nombre de « passages au CRA est fonction du comportement de l’étranger ». Elle se défend toutefois des accusations concernant sa politique de rétention systématique. « Les remises en liberté de retenus du CRA devant les juges de la liberté et de la détention sont élevées : 48,72 % en 2018 à Rennes ».

« Que ce soit à Rennes ou ailleurs, on observe une dégradation des conditions depuis janvier. La rétention est détournée par la préfecture à d’autres fins », s’indigne la Cimade. L’association s’inquiète de l’aspect carcéral du CRA de Rennes qui isolerait de plus en plus les retenus. « Ils ont installé des barbelés, des bâches, voire des filets anti-parachutage plus récemment. Les personnes sont coupées de l’extérieur, elles ne peuvent plus recevoir de virements, ni acheter de cigarettes, ni nourriture complémentaire par exemple ».

« Raisons de sécurité »

Interrogée, la préfecture justifie ces dispositifs avec un motif sécuritaire. « Des filets anti-parachutage ont été installés pour éviter que des objets, souvent interdits, voire dangereux, comme des armes, puissent être envoyés de l’extérieur vers l’intérieur du centre, pour des raisons évidentes de sécurité ».

Une situation qui énerve d’autant plus les associations que les frais de fonctionnement du CRA sont très élevés : plus d’1,7 millions d’euros pour l’année 2018. D’après des estimations obtenues par la Cimade, l’installation du filet anti-parachutage sur le centre aurait coûté 800 000 € à l’État.

« Une violation du droit d’asile »

Des pratiques d’expulsion empêcheraient également les personnes en rétention d’exercer leurs droits au regard des normes internationales : « pour faire une demande d’asile, les personnes migrantes ne doivent en aucun cas avoir contact avec leur pays d’origine. Certaines personnes sont présentées de force au consulat de leur pays par la préfecture sous peine de poursuites pénales. C’est une violation du droit d’asile »

De son côté, la préfecture se défend de toute violation, mais reconnaît effectuer des démarches consulaires. « Lorsqu’ils ne sont pas en possession d’un document d’identité officiel permettant d’établir leur nationalité, il est nécessaire d’obtenir auprès du consulat du pays dont ils disent être originaires, un laissez-passer consulaire pour permettre leur éloignement ».

 

 

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