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Source : Le Monde - Clara Gilles - 23/8/2019

L’association Utopia 56, débordée par les demandes, veut ainsi alerter les pouvoirs publics.

Pour la deuxième fois de l’été, l’association Utopia 56 a décidé de suspendre son activité d’hébergement solidaire pour les familles, couples et femmes seules exilées. Un campement a été installé dans la nuit de jeudi 22 à vendredi 23 août dans le parc de la Villette par les militants et les migrants pour alerter les pouvoirs publics. Vendredi matin, ils étaient entre 120 et 130, dont une quarantaine de familles, à se réveiller sur la pelouse du parc, à deux pas de la Cité des sciences ou de la Philarmonie, dans le 19e arrondissement de Paris.

Depuis deux ans, l’association Utopia 56 vient en aide aux migrants, en leur proposant des hébergements d’urgence au sein de familles de leur réseau, faute de prise en charge par l’Etat. Mais les militants sont surchargés de demandes. « Une centaine de personnes nécessitent un hébergement chaque soir, mais nous n’avons pas les stocks disponibles. On ne peut pas continuer à laisser à la rue 30 % d’entre eux », proteste Florent Boyer, coordinateur de l’antenne de Paris. Parmi eux Fatma, son mari, Ben, et leur fille de 4 ans, originaires de Tunisie, peinent à trouver un abri :

« Depuis la fin de la trêve hivernale, c’est devenu très compliqué. On a pu être logés plusieurs nuits dans des familles, mais sinon tous les centres du 115 sont pleins. »

« La Mairie veut aider l’Etat, mais il faut que l’Etat nous aide »

En investissant le parc de la Villette, un lieu de la vie parisienne sous tutelle du ministère de la culture, les militants espèrent gagner en visibilité. Il y a un peu plus d’un mois, l’association avait déjà interpellé les autorités en établissant un camp porte d’Aubervilliers.

Lire aussi A Paris, des migrants s’établissent dans un camp pour ne « pas rester invisibles le long du périphérique »

Trois jours plus tard, ils étaient près de 140 à être évacués, vers des centres d’accueil d’urgence et des LIMA (lieu de mise à l’abri). Depuis, plusieurs familles, principalement des déboutés du droit d’asile ou des personnes en situation de « dublinage », ont été remises à la rue. Le reste serait hébergé dans des centres « qui ne présentent pas toujours les conditions nécessaires à l’accueil et ont été laissés pour la plupart sans information », dénonce un communiqué de l’association du 23 juillet.

Des agents de la Mairie de Paris se sont déplacés ce matin dans le camp afin de procéder à un comptage, ainsi que la police. Dominique Versini, adjointe d’Anne Hidalgo chargée de l’accueil des réfugiés, s’est rendue sur place cet après-midi. « Un gymnase dans le 10arrondissement est mis dès ce soir à disposition pour les jeunes enfants et les femmes enceintes », annonce-t-elle. « La Mairie veut aider l’Etat, mais il faut que l’Etat nous aide », précise Mme Versini par ailleurs. Un rendez-vous est prévu avec le préfet lundi.

De son côté, l’association affirme se montrer vigilante pour « qu’une possible prise en charge future ne se transforme pas en une énième action d’invisibilisation ».

Lire : Migrants : plusieurs campements démantelés dans le nord de Paris

Clara Gilles

 

 


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