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Source : L'Humanité - Emilien Urbach - 4/9/2019

Un rapport publié par un groupe d’observateurs à la frontière franco-italienne dénonce à nouveau de graves atteintes à la dignité et aux droits des étrangers par la police française.

Vols, violences, humiliations, fausses déclarations, violations du droit international… Voilà des pratiques policières maintes fois dénoncées par les soutiens aux exilés, à la frontière franco-italienne azuréenne. Un nouveau rapport d’observation adressé aux membres de la Coordination des actions à la frontière franco-italienne pour les personnes migrantes (Caffim) par un groupe de bénévoles postés, tout au long du mois d’août, côté italien, semble indiquer que ces exactions sont toujours d’actualité.

Ces citoyens solidaires affirment qu’au cours du mois dernier, 1 072 personnes ont été refoulées par la police aux frontières (PAF) de Menton (Alpes-Maritimes). Parmi elles, ils ont décompté 40 mineurs isolés, 20 femmes et deux enfants. « Mais le nombre d’exilés concernés pourrait être bien plus élevé, confie une des bénévoles jointe au téléphone. Nous avons collaboré cet été avec un collectif italien qui n’a pas forcément pris note de tout ce qu’il a pu, pour sa part, observer. »

Dimanche, un jeune de 16 ans a été tabassé après avoir insisté sur son âge

Au-delà des chiffres, le rapport indique que « beaucoup de personnes rencontrées étaient en Italie seulement depuis quelques jours » et que la plupart de ceux passés par la Slovénie « présentaient d’impressionnantes lésions aux pieds à cause d’infections liées à la marche ». Outre l’urgence médicale révélée, ce constat indique qu’un grand nombre de ces candidats au statut de refugié en France n’avaient encore effectué aucune démarche en Italie, qu’ils ne tombaient, par conséquent, pas sous le coup des accords de Dublin et qu’ils n’auraient donc dû rencontrer aucune entrave à leur demande d’asile.

« Au contraire, la PAF refuse systématiquement de leur donner accès à leur droit, continue la bénévole azuréenne. C’est aussi le cas pour les mineurs isolés. Ceux qui insistent sont battus avant d’être expulsés. » Un jeune de 16 ans aurait eu à subir ce traitement, ce dimanche encore. Tabassé après avoir insisté sur son âge et son droit à une prise en charge par l’Aide sociale à l’enfance, il aurait été renvoyé en Italie, puis raccompagné en France par la police italienne parce qu’en effet mineur et donc sous la responsabilité de ceux qui venaient de l’expulser.

À plusieurs reprises, le tribunal administratif de Nice a condamné les autorités dans le même genre d’affaires. En juin 2018, le contrôleur général des lieux de privation de liberté jugeait déjà « indignes » les pratiques de la PAF. Mais rien n’y fait. « Depuis 2015, à Menton, nous sommes quotidiennement alertés sur des cas de violences policières et de non-respect des procédures du droit d’asile, commente Émilie Pesselier, de l’Association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers (Anafé). Mais c’est très compliqué de saisir la justice. Il faudrait pouvoir réagir immédiatement face à des agissements expéditifs. La justice a un autre rythme. Nous n’avons, par exemple, toujours aucune réponse des juges du Briançonnais saisis il y a plu-sieurs mois dans des affaires similaires. »

Les vols de téléphones, de papiers d’identité et de récépissés de demande d’asile perpétrés par des policiers français et dénoncés dans ce nouveau rapport viendront donc s’ajouter à la longue liste des droits des étrangers bafoués. Tout comme les coups de bottes, les gazages arbitraires, les privations de nourriture, les refus de prise en charge sanitaire de femmes enceintes ou de personnes en difficulté… Toutes reléguées au rang d’indésirables.

émilien Urbach
 
 

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