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La Dépêche | 27/01/2010
 
Libérés par les juges, le tiers des 123 Kurdes arrivés vendredi en Corse ont déjà sollicité le droit d'asile dans les préfectures, une demande les rendant inexpulsables pendant son examen,lequel peut durer huit mois, par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA).

À Toulouse, 19 Kurdes "vont être convoqués à partir de (mercredi) pour retirer à la préfecture le dossier de demande d'asile", a indiqué leur avocat, Me Julien Brel.

Pour des raisons logistiques, 63 réfugiés, placés dans un centre de rétention administrative à Nîmes, n'avaient pas encore pu déposer leur demande mardi, selon la Cimade. Ils ont un délai de trois semaines pour le faire.

La demande d'asile est une condition sans laquelle les 123 personnes s'exposent à une reconduite à la frontière dans un pays, la Syrie, où, selon des ONG de défense des droits de l'homme, la minorité kurde est "persécutée".

Une fois la demande déposée, les arrêtés de reconduite à la frontière sont abrogés conformément à une décision du ministre de l'Immigration, Eric Besson, contraint à ce recul par les décisions des juges de libérer les 123 personnes.

Toutefois, a prévenu lundi le président Nicolas Sarkozy, "nous raccompagnerons chez eux" ceux qui n'auront pas obtenu l'asile "parce que si nous ne faisons pas ça, les esclavagistes du monde entier et les réseaux criminels du monde entier tireront la conclusion qu'on peut faire débarquer n'importe comment des pauvres gens sur les plages de France".

En attendant, la demande de protection ouvre droit à une autorisation provisoire de séjour (APS) valable un mois, remplacée avec la constitution du dossier complet, par un "récépissé constatant le dépôt d'une demande d'asile" valable trois mois et renouvelable.

Son examen par l'OFPRA, puis par la Commission nationale du droit d'asile (CNDA), en cas d'appel, peut prendre jusqu'à huit mois.

Un demandeur d'asile doit décrire toutes les raisons personnelles qui l'ont amené à fuir son pays et pour lesquelles il ne peut pas y retourner, si possible étayées par des documents.

Dans le cas des Kurdes de Syrie, une minorité culturelle et linguistique  estimée à plus de 1,5 million de personnes et représentant environ 9% de la population du pays, les demandeurs ont le soutien de rapports d'ONG de défense des droits de l'homme.

Cette communauté vivant dans les zones du nord et de l'est du pays est une "minorité persécutée, ou à tout le moins discriminée dans un pays fort peu démocratique", selon France Terre d'Asile.

Les 123 personnes "sont susceptibles de correspondre, a priori, aux critères de protection définies par les autorités françaises", a ajouté l'association.

Fin 2009, l'organisation américaine Human Rights Watch (HRW) avait appelé le pouvoir syrien à mettre fin à la "répression" de cette communauté, dénonçant "la détention de dirigeants kurdes et les mauvais traitements dont ils font l'objet" ou encore "l'interdiction par les autorités syriennes de réunions pour parler des droits de la minorité kurde ou pour célébrer la culture kurde".

En 2001, 160 passagers kurdes de l'East-Sea sur les 900 échoués dans une plage du Var avaient obtenu le statut de réfugié en France. Les autres avaient choisi de se rendre en l'Allemagne, aux Pays-Bas ou en Suisse, où résident déjà d'importantes communautés kurdes.






























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