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Source : Le Monde - Julia Pascual - 4/1/2020

Environ 2 500 personnes migrantes ont essayé de relier l’Angleterre par la mer, la plupart à bord de petits bateaux pneumatiques.

Environ 2 500 personnes migrantes ont essayé de relier l’Angleterre par la mer, la plupart à bord de petits bateaux pneumatiques, en 2019. Ce chiffre a quadruplé en un an, d’après les éléments – non encore consolidés – communiqués par la préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord. Au total, les autorités ont décompté 261 traversées ou tentatives de traversée.

Les traversées de la Manche restent marginales par rapport au nombre de migrants découverts dans des camions dans le port de Calais, sur le site d’Eurotunnel (près de 26 000 en 2018). Mais la croissance du phénomène est exponentielle depuis deux ans. A peine 34 kilomètres séparent les côtes françaises des côtes anglaises. La force des courants et la température de l’eau, de même que le trafic maritime, rendent la zone particulièrement dangereuse pour de petites embarcations.

Quatre personnes mortes noyées

Quatre personnes sont mortes noyées en 2019. Parmi elles, une femme iranienne de 31 ans, qui avait tenté la traversée en bateau le 9 août et dont le corps a été retrouvé au large des Pays-Bas plusieurs jours après. Le 18 août, un Iranien est également mort noyé après avoir tenté de rejoindre l’Angleterre à la nage, muni de palmes et d’un système de flottaison artisanal. Son corps a été retrouvé au large de la Belgique. Le 14 octobre, ce sont deux corps de Kurdes d’Irak qui ont été retrouvés échoués sur une plage du Touquet (Pas-de-Calais).

« J’ai essayé plus de trente fois de passer en Grande-Bretagne »

« Parfois, les passeurs font partir cinq ou six bateaux ; comme ça, ils savent que la police ne peut pas tous les arrêter », fait remarquer un habitant du Pas-de-Calais investi dans le soutien aux migrants. « J’ai essayé plus de trente fois de passer en Grande-Bretagne », témoigne Sohaib, un Syrien de 21 ans rencontré à Grande-Synthe fin décembre et qui disait avoir été secouru la veille en mer. « On était une vingtaine sur le bateau, raconte-t-il. Il a commencé à couler alors on a appelé la police. Ils ont mis trois heures à venir. » Le jeune homme dit être conscient des dangers encourus mais, justifie-t-il, « on veut aller en Grande-Bretagne parce qu’on y a de la famille, des opportunités de travail ou parce qu’on en parle la langue ».

Originaire du Kurdistan irakien et âgé de 21 ans, Yahya explique, lui aussi, avoir échoué à rejoindre la Grande-Bretagne en bateau. Alors que l’embarcation prenait l’eau, il a été secouru par les autorités françaises. Il avait opté pour la traversée après avoir été intercepté à deux reprises dans des camions, et n’en est pas à sa première prise de risque. Pour traverser l’Europe, il dit notamment s’être « accroché pendant cinq heures à l’essieu d’un camion qui roulait en Italie ». Pour rejoindre l’Angleterre, « je vais continuer d’essayer », jure-t-il.

 

 


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