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Par François Krug | Eco89 | 12/03/2010

Eric Besson a choisi d'ignorer l'appel à régulariser les salariés sans-papiers, lancé par plusieurs organisations patronales (Ethic, CGPME), l'entreprise Veolia Propreté et certains syndicats. Faute de signature formelle sur le document, le ministre met en doute que cette position soit vraiment partagée. Interrogée par Eco89, la présidente d'Ethic, Sophie de Menthon, y voit « de la puérilité » et « la peur de donner des voix à Le Pen » aux régionales.

 

Cette « approche commune » sur les salariés sans-papiers a été conclue à l'initiative d'Ethic, qui se veut le représentant au sein du Medef des « entreprises à taille humaine indépendantes ». Jusqu'ici, Ethic était surtout connu pour des opérations comme « J'aime ma boîte », appelant les salariés à « positiver » leur relation à l'entreprise.

Surprise : ce texte réunit non seulement Ethic, la CGPME ou Veolia Propreté, mais aussi la CGT, la CFDT ou l'Unsa. Des patrons et syndicalistes unis pour la régularisation des salariés sans-papiers ? Eric Besson a des doutes.

La réaction d'Eric Besson, « c'est de la puérilité »

Le ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale a accusé réception, mais dans son courrier à Ethic, il note l'absence de signatures formelles sur le document :

« Selon nos informations, il semble que certaines des six organisations concernées indiquent n'avoir signé aucun texte, et ne pas apporter leur soutien à la démarche. »

Réaction de Sophie de Menthon, contactée ce vendredi par Eco89 :

« J'aurais pu prévoir toutes les réactions, sauf dire “c'est même pas vrai”. Est-ce que je peux mentir avec la CGT, l'Unsa, la CGPME ? Il y a des témoins. En France, si vous faites un truc comme ça en période d'élections, on est mort de peur de donner des voix à Le Pen.

On a voulu montrer une bonne volonté commune. Tout le monde était d'accord pour dire qu'il fallait en sortir, ne pas créer d'appel d'air et être responsable. Ca engage l'honneur. Dire “c'est même pas signé”, c'est de la puérilité. »

« Ces gens-là bossent, ils ont le droit de ne pas trembler »

L'appel réclame la reconnaissance des sans-papiers disposant d'un contrat de travail, sans condition d'ancienneté sur le territoire français. Sophie de Menthon explique :

« Je ne cautionnerai jamais des patrons qui emploieraient des clandestins mal payés, ces patrons sont des salauds. Il y a une deuxième catégorie, ceux qui ont engagé quelqu'un, le déclare mais ne vérifie pas les papiers. S'ils viennent voir la puissance publique avec un contrat dans la main, en disant “Je veux qu'il ait un titre de séjour”, c'est de l'éthique.

Ces gens-là bossent, ils ont le droit de ne pas trembler, d'avoir un permis de séjour. C'est de la décence humaine, et de la décence économique. Il s'agit d'arrêter de mentir. »

Le Medef, dont Ethic n'est qu'une chapelle, est beaucoup plus réservé. Sophie de Menthon admet des divergences, mais assure que l'appel lancé avec les syndicats est soutenu par de nombreux patrons :

« Je reçois énormément de mails qui disent : “Je soutiens, mais je ne veux pas être cité.” Mais depuis la publication du texte, j'ai reçu le soutien de la Fédération de l'habillement et de Total. »

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