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La Dépêche | 16/03/2010

Objets de contrôles et de redressements.

Sentiment d'injustice et peur de ne plus pouvoir revenir en France pour les « chibanis », hier à la CRAM. Photo DDM, M. Labonne.
Sentiment d'injustice et peur de ne plus pouvoir revenir en France pour les « chibanis », hier à la CRAM. Photo DDM, M. Labonne.

Une cinquantaine d'immigrés maghrébins retraités ont occupé hier après-midi le hall de la Caisse régionale d'assurance maladie. Soutenus par le collectif Justice et dignité pour les chibani-a-s (les vieux migrants), ils dénoncent un contrôle qu'ils jugent discriminatoire, selon les termes de la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde), et des redressements financiers pour des sommes indûment perçues.

Ces retraités ont construit nos routes, nos écoles, nos villes. Après des années de dur labeur, ils passent une partie de leur temps au pays, au côté de leurs familles. Depuis la possibilité légale de croiser les fichiers dans le cadre du renforcement de la lutte locale contre les fraudes, les contrôles pleuvent. Dans le collimateur : les retraités qui passent moins de six mois en France et continuent de percevoir retraite, prestations minimum vieillesse et allocation logement.

« Depuis l'été dernier, la CRAM de Midi-Pyrénées et la Mutualité sociale agricole ont effectué un contrôle massif sur un des plus gros foyers Adoma (ex-Sonacotra) de Toulouse, le foyer Fronton, place du Papyrus », explique le collectif. Ces contrôles sont illégaux selon la Halde : le caractère discriminatoire est prohibé.

Un sursis de trois mois

À Mohamed Medhi, un retraité dont l'épouse et les cinq enfants vivent en Algérie, la CRAM réclame 22 885,39 €. Jusqu'en novembre il percevait une retraite de 823,50 €, abaissée depuis à 636,26 €, et deux autres allocations de 303 et 246 € qu'il a reçues pendant dix ans sans y avoir droit. « J'ai travaillé en France depuis 1952. Au foyer, tous les vieux ont reçu une convocation à la CRAM, avec passeport, carte de bus, tout… Mais ce n'est pas ma faute, je ne savais pas, c'est injuste », se plaint ce chibani de 74 ans. Sur les 197 personnes contrôlées, 17 font ainsi l'objet d'un redressement.

D'abord droit dans ses bottes et refusant de « négocier sous la contrainte » d'une occupation, Francis De Block, le directeur de la CRAM de Midi-Pyrénées a finalement reçu une délégation. Il a annoncé la suspension de la procédure de recouvrement pendant trois mois, le temps d'étudier au cas par cas les situations : « S'ils sont de bonne foi, il y aura une remise de dette partielle ou totalement, sinon un étalement. »

 

 

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