En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des services adaptés.

Solidarite avec Mimmo Lucano

Source : Médecins du monde - communiqué de presse - 9/4/2020

Personnes à la rue, squat et bidonvilles : les grands oubliés du confinement...

(Toulouse, le 09/04/2020) Les appels à respecter le confinement pour limiter la propagation de la pandémie de Coronavirus par les responsables politiques, les préfets et les maires se multiplient. A Toulouse, plus de 2 000 personnes continuent de vivre à la rue ou en habitat précaire, parfois sans accès à l’eau, à des sanitaires, voire à l'abri d'une toile de tente...

Ces situations sont indignes et Médecins du Monde s’interroge sur la cohérence entre les injonctions, les discours et l’affichage des responsables politiques, et la réalité du terrain.
En effet, comment rester confiné lorsque l’on n'a pas de chez soi ? Comment tenir la distanciation sociale lorsque l’on vit à huit dans une même pièce ou dans une caravane ? Avec quoi se lave-t-on les mains lorsque l’on n’a pas d’eau ni de solution hydroalcoolique ?

Les équipes de Médecins du Monde interviennent aujourd’hui via des maraudes médicales dans les squats, bidonvilles, hôtels sociaux, gymnases et à la rue afin de sensibiliser les personnes au risque du Coronavirus mais aussi de repérer et d’orienter les personnes malades vers les structures de soins adaptées. Tous les jours ce sont près de 150 personnes qui sont rencontrées par ces équipes composées principalement de personnels soignants bénévoles.

Ces personnes précaires posent quotidiennement des questions pressantes sur le confinement aux équipes de nos maraudes sanitaires. Et ce sont ces mêmes questions que nous faisons remonter à chaque espace de parole qui nous est donné auprès des autorités en responsabilité et en particulier de la préfecture.

Car nous n’avons pas de réponse miracle aux interrogations de personnes qui pointent l’insalubrité de leurs conditions de vie... Qu’elles soient à la rue, où un grand nombre de fontaines publiques et la totalité des sanisettes sont fermées, qu'elles soient en bidonville, où il faut parfois marcher 20 min pour aller chercher de l’eau à une borne incendie dangereuse, qu'elles soient en squat parfois dans des bâtiments sans eau, sans toilettes, à 4 dans une seule chambre, toutes et tous nous renvoient inlassablement les mêmes questions : « mais comment faire pour se protéger et protéger sa famille du coronavirus dans ces conditions ? ».

Aujourd’hui, un habitant de bidonville sur quatre n’a aucun accès à l’eau sur son lieu de vie et plus de la moitié n’ont pas non plus accès à des sanitaires.
Les témoignages à propos de personnes à la rue buvant l’eau de la Garonne ou sollicitant les rares bâtiments publics encore ouverts (dont les hôpitaux) pour se soulager, faire leurs besoins, se multiplient.

Par ailleurs, ces mêmes personnes se voient verbalisées pour non-respect du confinement alors même qu’elles dorment à la rue, dans leur camion, ou parce qu’elles de déplacent pour... aller

chercher de l’eau ! « Reste chez toi quand t’as pas de toit » « Laves-toi les mains quand tu n’as rien » : voilà la réalité du confinement pour ces personnes.

Aujourd’hui, nous nous inquiétons tout particulièrement de l’impact que pourrait avoir cette pandémie sur ces personnes bien souvent déjà fragilisées par leur état de santé, les conditions de vie sans domicile décent et leur éloignement du soin :

• Près d’un tiers des usagers rencontrés n’ont pas de couverture maladie
• Un quart souffrent de pathologies chroniques ou présentent des facteurs de risque

d'évolution grave en cas de Covid 19
• Près d’un quart de ces personnes sont des enfants ou adolescents

Ajoutons que pour la plupart d'entre eux, la question de l'accès à une alimentation décente est en grande tension, la plupart n’ayant plus de source de revenus.

Pourtant des solutions existent bel et bien :

  • -  Mettre à l’abri et mettre à disposition des logements décents et adaptés aux personnes qui le souhaitent quelle que soit leur situation administrative

  • -  Rouvrir toutes les fontaines publiques et exiger des entreprises privées responsables la réouverture de toutes les sanisettes en mettant en place un système de nettoyage efficace

  • -  Raccorder tous les bidonvilles et bâtiments squattés à un point d’eau avec des robinets en nombre suffisant et assez espacés pour permettre une distanciation sociale

  • -  Rattacher toutes les personnes présentes sur le territoire français au système de l’assurance maladie

    Ces solutions nous ne les avons pas inventées. En plus de représenter une attitude humaniste civilisée, elles sont le fruit du bon sens afin de retarder une propagation de l’épidémie.
    Elles sont aussi le reflet de l’expérience que nous avons acquise en tant qu’acteur médical engagé et expérimenté sur des terrains de crise à l’international où d’autres pandémies sévissent.

    A ce jour cependant, ni nous, ni les associations et collectifs qui œuvrent auprès de ces personnes, ne semblons entendus, ce malgré les recommandations nationales.

    Contact presse :
    Délégation Médecins du Monde – 05 61 63 78 78 / 06 18 90 01 72 info.midi-pyrenees@medecinsdumonde.net

Plus jamais ca signons pour le jour dapres[Pétition] Plus jamais ça, signons pour le jour d’après

À la suite de la tribune « Plus jamais ça, préparons le jour d’après », seize organisations lancent une pétition nationale pour défendre des mesures urgentes et de plus long terme, porteuses de profonds changements politiques.

affichea3 acte4 03Acte 4 des Sans-Papiers : Liberté, Egalité, Papiers !

Le pouvoir fait partie du problème des crises de ce pays et les amplifie, semant la misère, le désespoir, le racisme et la haine là où il faut plus de solidarité, de liberté et d’égalité. Lors de la Marche nationale des Sans-Papiers nous avons montré que nous étions la solution.

Appel à l'Acte 4 et à des manifestations sur tout le territoire le 18 décembre

Régularisation des Sans-Papiers, Fermeture des CRA, Logement pour touTE

Archive

Powered by mod LCA