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La Dépêche | 06/05/2010

 

Placée en centre de rétention le 15 avril et menacée d'expulsion, la Castraise d'adoption Patricia John a été libérée hier. Elle a immédiatement rejoint son salon de coiffure rue d'Empare.

Placée en garde à vue au commissariat de Castres le 14 avril pour séjour irrégulier (défaut de papiers), Patricia John, originaire du Libéria, avait été transférée en rétention à Cornebarrieu près de Toulouse dès le lendemain (voir nos précédentes éditions). Depuis pesait sur elle une épée de Damoclés : l'expulsion. La coiffeuse de la rue d'Empare a été libérée hier pour la plus grande joie de ses amis et de son comité de soutien présents. Nous l'avons rencontrée de retour dans son salon. Elle se confie.

Quand avez-vous appris votre libération ?

Ce matin. Des hauts parleurs font le tour du centre de rétention. Mon nom a été annoncé au micro. Je me suis présentée et on m'a avertie que je partais. Je suis restée en rétention 23 jours, durant lesquels j'ai pris l'avion deux fois pour Paris. Une première fois pour être conduite à l'ambassade du Liberia et la seconde fois pour l'ambassade du Nigeria. Ni l'un ni l'autre de ces pays, dont le mien, n'a voulu de moi…

Comment vit-on cette détention ?

C'est dur forcément. Au départ on m'a demandé de me rendre au commissariat avec mes papiers pour régulariser ma situation. Je me suis retrouvée en rétention. Même si les conditions dans ce centre neuf ne sont pas inhumaines, on est privé de liberté et on n'est pas chez soi. On se retrouve à deux par chambre ; nous sommes fouillés avant et après les repas et avant le coucher. Il n'y a rien à faire. Il y a bien une table de ping-pong, mais pas de raquettes. Heureusement, j'ai pu prendre connaissance du soutien dont je faisais l'objet : un policier m'amenait la Dépêche du Midi en cachette. Cela m'a beaucoup aidé !

Parlez-nous un peu de votre histoire ?

Je suis née le 24 avril 1981 au Libéria. Je suis arrivée à Castres en 2003. J'ai fui mon pays car il était en guerre. Mon père venait de mourir et ma mère, elle, a pu fuir au Nigeria ; je n'ai eu de ses nouvelles qu'en 2004. Pour ma part, j'ai un Bac pro coiffeuse et esthétique, mais j'ai d'abord travaillé comme femme de ménage dans une maison de retraite et même comme maçon avant de pouvoir m'installer rue d'Empare. J'ai toujours travaillé.

Et maintenant ?

Pour l'instant, je reste apatride. Voilà deux ans et demi que je vis avec Régis Alary ; avant mon incarcération nous avions commencé à préparer notre mariage. On va voir …J'espère devenir madame Alary. Pour l'instant, je vais me reposer un peu.

 

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