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Fermez les Centres de Rétention !

Face à la crise sanitaire, l’enfermement administratif des personnes étrangères doit immédiatement cesser

Les Cercle des Voisins du Centre de Rétention de Cornebarrieu a lancé cette pétition adressée à Emmanuel Macron (Président de la République française.)

 

Lire la lettre au Président      Signer la pétition

 

Source : Libération - Gurvan Kristanadjaja - 22/07/2020

Après plus d'un mois et demi de conflit, les livreurs sans papiers de Frichti pourront en partie obtenir la régularisation de leur situation en France, à condition d'occuper un emploi salarié dans les mois à venir.

C’est la fin d’un mois et demi de conflit. Mardi, en fin d’après-midi, les représentants des livreurs sans-papiers, la CGT et un membre de la direction de Frichti étaient réunis pour annoncer à Libération qu’ils étaient parvenus à obtenir un engagement auprès de l’Etat : environ la moitié des 200 travailleurs mobilisés vont entamer une procédure qui les mènera à une régularisation. Elle exigera nécessairement que les livreurs trouvent un emploi salarié dans le futur, car une telle procédure impliquant des autoentrepreneurs n’existe pas pour le moment. Les autorités souhaitent par ailleurs éviter de créer un précédent en ce sens. Quant aux autres livreurs, ils seront indemnisés par Frichti qui a abondé un fonds de solidarité. Et tous obtiendront une preuve de travail. La start-up a aussi annoncé, par l’intermédiaire de son cofondateur Quentin Vacher, qu’elle allait embaucher quinze de ces livreurs en tant que salariés dans ses cuisines.

Autour de la table, toutes les parties prenantes du dossier se sont dites plutôt satisfaites de parvenir à une fin de conflit. Même si, du côté des représentants et du syndicat CGT, on aurait souhaité pouvoir inclure plus de livreurs dans la procédure de régularisation. «On sait d’où on vient, on partait de zéro, il n’y a jamais eu de livreurs régularisés», se réjouit tout de même Ibrahim Keita, l’un des représentants du collectif de grévistes. «Dans les jours qui ont suivi la mobilisation, on a commencé un dialogue pour trouver une issue. Les discussions n’ont pas tant été entre nous qu’avec l’Etat», assure de son côté Quentin Vacher.

Réaction en chaîne

Début juin, c’est la publication d’un de nos articles sur les conditions de travail de Karim, livreur pour un sous-traitant de la firme française, qui a entraîné une réaction en chaîne. Immédiatement, la firme a pris la décision de procéder à un contrôle de sa flotte et d’interdire l’accès aux livreurs sans papiers. Ce qui a eu pour effet de mettre sur le carreau quelque 200 travailleurs qui se sont mobilisés spontanément. «Au moment du contrôle, nous n’avions aucun soupçon, je peux vous l’assurer de ma bonne foi. On a été forcément très surpris parce qu’on avait ni prévu d’avoir des conflits, et on a été inquiets de trouver une solution au conflit», assure Quentin Vacher. Des discussions ont donc été engagées avec les représentants des livreurs, la société et les services de l’état pour envisager une éventuelle régularisation, revendication principale du groupe. «Depuis quarante jours, on a un dialogue apaisé et constructif, on a beaucoup travaillé», précise-t-on du côté de Frichti. Entre-temps, les municipales et le remaniement du gouvernement ont peut-être pu retarder la prise de décision, mais elle sera bien effective dans les semaines à venir.

Fatigué d’être «la machine» 

Reste pour les livreurs sans papiers concernés à trouver un emploi salarié. Du côté de la CGT, on envisage de fonder une coopérative pour salarier certains d’entre eux, comme c’est déjà le cas à Bordeaux. «Frichti pourrait être client de cette coopérative», envisage Quentin Vacher. Ibrahim Abdelkader Traoré, un Ivoirien de 30 ans dont nous avons publié le portrait il y a quelques jours, devrait également obtenir la régularisation de son statut. Il est aussi à la recherche d’un contrat de salarié pour pouvoir l’officialiser, mais aimerait lui quitter la livraison. «Je suis fatigué d’être "la machine", toujours à livrer matin midi soir là. Je me suis fait des amis avec cette mobilisation, j’aimerais aussi trouver un travail différent pour me projeter ici», explique-t-il. «C’est la vie de personnes qui va changer. C’est important, car il y a au centre la question de l’émancipation : que des personnes puissent prendre en charge leurs destins et s’émanciper», analyse de son côté Marilyne Poulain, de la direction confédérale de la CGT, en charge de ces dossiers.

Au moment d’annoncer la finalisation de l’accord, on sentait de l’émotion et du soulagement chez tous les acteurs. «C’est une première pour ce système d’autoentrepreneur, c’est une première pour nous à la CGT», se réjouit Didier Del Rey, de l’US CGT commerce et service de Paris, qui s’est dit fier du travail accompli. «On a très mal traversé la période, parce qu’on a laissé dépeindre l’idée que notre entreprise était satisfaite de la situation. On a géré le conflit avec beaucoup d’humanité. On a eu à cœur que le maximum d’entre eux obtienne des solutions. J’ai fondé une boîte pour créer de l’emploi et c’est difficile de voir que nos 350 employés se font questionner tous les jours», s’est ému de son côté le cofondateur de Frichti.

Le cas de Karim

Malgré cet accord inédit pour les livreurs de plateformes, certaines voix s’élèvent aussi pour le dénoncer. Selon Jérôme Pimot, cofondateur du Collectif des livreurs autonomes de Paris (Clap), il laisse de côté toute une quarantaine des livreurs qui ont été, selon lui, exclus injustement de la procédure avant la signature de l'accord. «Ce sont des personnes qui n’ont pas fait grève ou sont des opportunistes qui ont souhaité profiter de la mobilisation», répond-on du côté des représentants et de la CGT. Karim, le premier livreur dont nous avions évoqué la situation, fait remarquer qu’il n’a toujours pas obtenu d’indemnisation et qu’il a perdu son travail. Dans nos colonnes, l’entreprise avait pourtant assuré qu’elle ferait le nécessaire pour l’aider. Avec l’aide d’un avocat, il envisage désormais de porter plainte contre Frichti. «Il ne nous a pas contactés, est incapable de nous fournir la preuve qu’il a travaillé pour nous et tout ce qu’on a reçu, c’est un message d’un avocat», rétorque-t-on du côté de la start-up. Depuis, Karim a quitté la France pour l’Espagne. Là-bas, il espère mener une vie plus paisible et y trouver un travail qui lui permettra d’obtenir la régularisation, lui aussi.

 

 

 


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