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Solidarite avec Mimmo Lucano

Source : La dépêche - Gérald Camier - 28/09/2020

Dans son rapport 2019, la Cimade dénonce à nouveau "les conditions de rétention déplorables" des personnes enfermées au centre de rétention de Cornebarrieu.

De source interne au centre de rétention administrative (CRA) de Cornebarrieu, on reconnaît sur le ton de l’agacement que "c’est un marronnier". Le nouveau rapport de la Cimade sur les conditions de rétention des personnes placées à Toulouse n’est en effet pas tendre avec l’administration. Résultat, du côté du CRA toulousain (126 places), où sont actuellement enfermées une cinquantaine de personnes, ce sera "no comment ".

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Tous les voyants sont de nouveau au rouge en 2019 pour la Cimade. Partout en France, l’association est active dans le soutien aux migrants, réfugiés et déplacés, demandeurs d’asile et étrangers en situation irrégulière, candidats à l’exil. L’an dernier, sur plus de 1 320 personnes "enfermées au centre de rétention de Toulouse", durant des périodes plus ou moins longues, la Cimade compte "27 familles avec 57 enfants âgés de seulement trois semaines à 16 ans". Parmi elles, également des "dublinés", référence au règlement de Dublin qui contraint une personne à ne déposer qu’une demande de protection internationale : seulement dans le pays où ses empreintes digitales ont été prises la première fois.

Pour l’association, le nombre de migrants ne cessent d’augmenter. Une fois arrivés sur le territoire, rien n’est moins simple pour beaucoup d’entre eux. Ils sont considérés à 47,2 % comme "éloignés", donc renvoyés chez eux dans l’Union européenne et en hors UE. "La politique de l’administration s’inscrit dans une volonté d’enfermer toujours plus et toujours plus longtemps (+ 23 %), explique la Cimade dans son rapport. Les deux lois adoptées en 2018 ont permis d’étendre le champ des personnes pouvant être enfermées, notamment avec la possibilité d’enfermer les personnes "dublinées" avant l’accord de l’État membre responsable, et allonge la durée légale de rétention à 90 jours. À cela s’ajoute l’augmentation du nombre de places par l’agrandissement des centres existants et la création de nouveaux centres de rétention".

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La Cimade, qui dispose de deux bureaux au sein du CRA de Cornebarrieu, expose plusieurs griefs : "conditions de rétention déplorables, aggravées par l’allongement de la durée de rétention ; utilisation illégale de la visioconférence ; le non-respect du droit à un recours effectif pour les sortants de prison ; l’explosion du nombre de familles enfermées avec des situations dramatiques". L’association assure qu’en 2019, "50 enfants mineurs ont été enfermés avec leurs parents. À la violence de l’arrestation, des transferts, de l’expulsion s’ajoute, la plupart du temps, l’impossibilité pour ces familles de faire valoir leurs droits."

Profil des personnes enfermées

Dans son dernier rapport sur les centres de rétention, la Cimade décrit dans le détail le profil des personnes en rétention. À Cornebarrieu, ce sont 1320 personnes qui ont été "enfermées" en 2019. À 86,4%, ce sont des hommes, 9,8% des femmes et 3,8% des enfants accompagnant leurs parents. En rétention l’an dernier, ils étaient majoritairement de nationalité algérienne (23,5%), marocaine (16,5%), albanaise (8,4%), tunisienne (8%), géorgienne (4%), roumaine, guinéenne, nigériane, russe et afghane (au-delà de 2%). Les "conditions d’interpellation" sont également passées au peigne fin par l’association: les sorties de prison concernent 25,1% des personnes enfermées, 17,5% proviennent des contrôles de police, contrôles dans les gares et des arrestations au guichet. Pour la majorité des personnes à Cornebarrieu, la durée de rétention est à 39% comprise entre 0 et 48heures. Ils sont en revanche 21,6% à rester de 3 à 10 jours, 15,5% de 21 à 30 jours; 12,8% de 11 à 20 jours et 11,2% à séjourner au centre de rétention de 46 à 60 jours. Deux personnes, note la Cimade, sont restées au CRA toulousain de 76 à 90 jours en 2019. Enfin, sur l’ensemble des personnes retenues, 46,4% seront libérés. Dans 34,4% des cas, elles sont libérées au terme d’un jugement.
 
 

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