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La Dépêche | 13/01/2011
Elle a passé toute sa jeune vie en France mais Farah n'arrive pas à obtenir des pa piers : elle vit dans la terreur d'une expulsion./Photo DDM. R.B.
/Photo DDM. R.B.

 

Nous avons rencontré hier matin, Farah (le prénom a été modifié), 26 ans, d'origine marocaine. «Depuis le mois d'août je n'ai plus de papiers. Je suis devenue clandestine.» Clandestine à Lavaur où elle vit pourtant depuis l'âge de un an.

«Je suis née à Meknes au Maroc. Mes parents sont venus en France avec mes trois frères et ma sœur cadette.»

Des parents qui divorcent, une maman qui multiplie les ménages pour faire bouillir la marmite et Farah qui grandit dans l'insouciance de l'enfance. «J'ai fais ma scolarité ici, puis au lycée Anne Veaute à Castres et enfin j'ai eu un BTS force de vente à Toulouse».

Sa mère, frères et sœur, obtiennent sans trop de difficultés des papiers d'identité français. Pour Farah, les difficultés administratives avec l'état civil marocain empêchent la régularisation de sa situation.

«En février 2010, j'ai présenté une demande pour une nouvelle carte de séjour à la Préfecture.»

De récépissé en récépissé, elle arrive au mois d'août avec une épée de Damocles sur la tête. Terminé les prolongations provisoires, Farah est sans papier, plongée dans la clandestinité. «Je suis revenue vivre chez ma mère, je n'ai plus un sou. Sans papiers je ne peux ni chercher du travail, ni m'inscrire au pôle emploi.»

Fini aussi les sorties avec les copines, les balades à Toulouse : «J'ai toujours peur de me faire contrôler et expulser» .

L'expulsion le cauchemar de Farah qui ne connaît du Maroc strictement rien.

«Je n'ai pas d'amis, pas de famille là-bas. Pour moi c'est un pays étranger. Que voulez vous que je fasse loin des miens ?» Toutes les semaines elle appelle la Préfecture du Tarn. «On me demande mon acte de naissance. 3 mois pour l'obtenir. Puis on me réclame un autre document.»

Soudain, Farah lève la tête : «Faut que je vous dise, l'an dernier j'ai commis une bêtise et j'ai été condamnée à trois mois de prison. L'appel est en cours.»

Prise la main dans le sac après avoir dérobé 40 euros de marchandises dans un supermarché : «Une connerie, une pulsion», elle ne se présentera pas au tribunal de Castres lors du jugement : «J'avais peur qu'ils s'aperçoivent que je n'avais pas de papiers. J'ai fauté, je suis punie, c'est normal, mais je ne veux pas être envoyée au Maroc». Farah visiblement a peur, méfiante, elle vit sur le qui-vive. «Je sors très peu, je vis cloîtrée.»

Une situation qui devient intenable pour cette jeune fille : «Surtout écrivez que je veux vivre ici. La France c'est ma patrie».

 

 

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