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La Dépêche | 23/01/2011

Ni expulsable, ni régularisable,Victor se bat avec sa compagne pour obtenir un statut légal./ Photo DDM Ch. Delbès
Ni expulsable, ni régularisable,Victor se bat avec sa compagne pour obtenir un statut légal./ Photo DDM Ch. Delbès
Ni expulsable, ni régularisable,Victor se bat avec sa compagne pour obtenir un statut légal./ Photo DDM Ch. Delbès

La poigne ferme, l'œil bleu azur, un dur accent slave, Victor habite dans les alentours de Saint-Girons depuis presque un an. La France, c'est sa seconde patrie. Histoire d'un homme au statut sans nom.

 

1991. Victor, natif de Atkaruk (en Russie), quitte la Tchétchénie. C'est le début de huit années d'errance dont il ne nous dira que peu de chose, par pudeur ou par discrétion. Sur ces zones ombres, Laurence, sa compagne, nous donne parfois quelques explications. Difficile pour l'homme de parler de son passé, impossible d'établir une chronologie détaillée.

 

1999. À pied, il franchit à pied les frontières de l'hexagone, à Nice. En poche, il a un passeport de l'ex-Union soviétique. Douze auns plus tard, à 40 ans, il vit toujours en France mais n'a plus de papiers .

Quatre séjours en centre de rétention

« En 2003, j'ai été arrêté dans la région de Montpellier puis placé en centre de rétention, à Sète. Les services administratifs ou judiciaires ont perdu les seuls papiers que je possédais, passeport, permis… Aujourd'hui, les autorités ne reconnaissent pas cette perte, et moi, je n'ai plus qu'une photocopie pour prouver mon identité ». À cette date, il fait également une demande d'asile politique qui lui sera refusée. Début d'une bataille administrative. En 2006, il est une nouvelle fois arrêté, retour au centre de rétention de Sète. Sans papiers, et originaire d'un pays depuis rayé de la carte, il ne peut prouver son identité. Il est libéré au bout de 32 jours (durée légale maximale de rétention), avec une interdiction de résidence sur le territoire français de 3 ans. Jusqu'à l'année dernière, « je vivais dans les Cévennes avec Laurence, où je n'ai jamais été inquiété ». La donne change avec son arrivée en Ariège. Janvier 2010, les gendarmes frappent à sa porte, direction le centre de rétention de Cornebarieu assorti d'une nouvelle interdiction du territoire. L'histoire se répète en décembre dernier.

Un gouffre administratif

« J'ai une petite fille de 5 ans, qui porte mon nom et qui est de nationalité française, je ne l'abandonnerai pas. Et rentrer dans mon pays serait trop dangereux pour moi ».Pour Lionel Claus, responsable de l'équipe de la Cimade (comité inter mouvements auprès des évacués) au centre de rétention de Cornebarrieu et en charge du dossier, « Victor fait partie de ces personnes qui ne sont ni expulsables, ni régularisables. Sans les documents adéquats, les préfectures ne peuvent pas les reconduire aux frontières. Si ce genre de cas n'est pas isolé, Victor a aussi la spécificité d'être originaire de l'ex-URSS. Après quatre placements en rétentions, ni le consulat russe, ni le consulat ukrainien ne l'ont reconnu. Apatride ou pas, c'est à l'office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) de statuer ; ce qui est sûr, c'est qu'il a des raisons d'en faire la demande ». « Aujourd'hui je suis bénévole auprès de la Croix Rouge et en retour je bénéficie de l'aide alimentaire, confie Victor. Tout ce que je souhaite, c'est obtenir une autorisation de résidence et une permission de travailler ». A Laurence de conclure, « même dans l'impasse, on veut croire que cela finira bien ».

*Apatride: personne sans nationalité légale.

 

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