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  Nouvel Obs | 25/02/2011

La footballeuse camerounaise sans papier du club d'Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais) n'est plus menacée d'expulsion, le tribunal administratif de Lille ayant décidé jeudi d'annuler son arrêté de reconduite à la frontière. (c) Afp La footballeuse camerounaise sans papier du club d'Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais) n'est plus menacée d'expulsion, le tribunal administratif de Lille ayant décidé jeudi d'annuler son arrêté de reconduite à la frontière. (c) Afp

La footballeuse camerounaise sans papier du club d'Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais) n'est plus menacée d'expulsion, le tribunal administratif de Lille ayant décidé jeudi d'annuler son arrêté de reconduite à la frontière.

Outre l'annulation de la reconduite à la frontière, le tribunal a demandé au préfet du Nord de fournir à Rigoberte Mbah un titre de séjour provisoire dans un délai de 15 jours afin que sa demande de régularisation puisse être réexaminée.

"Il s'agit d'une étape dans un long processus. La question du titre de séjour, qui est toujours en suspens, reste la première priorité. Nous espérons que le réexamen du cas de mademoiselle Mbah sera cette fois pratiqué avec plus de discernement et de loyauté", a déclaré Me Emmanuelle Lequien, l'avocate de la joueuse.

De son côté, la jeune femme de 27 ans n'a pas souhaité s'exprimer à la fin de l'audience, se contentant d'arborer un immense sourire et de pousser plusieurs soupirs de soulagement.

Rigoberte Mbah avait été arrêtée le 17 février. Elle évolue depuis l'été 2008 au poste de défenseur dans le club de première division d'Hénin-Beaumont, après avoir joué à Brive (Corrèze), qui l'avait fait venir du Cameroun.

Selon son avocate, elle aurait été "traitée de manière indigne par son club", qui ne lui a fourni ni contrat de travail, ni rémunération, ni logement. Elle dénonce une "exploitation" digne d'un "esclavagisme moderne" et a déposé plainte au parquet de Lille pour travail dissimulé.

"Elle a tout lâché au Cameroun où elle bénéficiait de tous les avantages d'une joueuse de niveau international pour finalement venir trimer en France pour un club qui l'a totalement exploité", a raconté jeudi Me Lequien au cours de sa plaidoirie.

"Elle a été victime d'un traitement dégradant, ne bénéficiant même pas d'un logement décent et travaillant pour à peine 200 euros par mois depuis plus de deux ans, alors qu'elle assure un match et quatre entraînements chaque semaine", a expliqué l'avocate.

"Et si elle avait le malheur de dire quelque chose, on lui disait +mademoiselle, si vous n'êtes pas contente, vous n'avez qu'à aller voir Marine Le Pen+", la présidente du FN qui siégeait au conseil municipal d'Hénin-Beaumont, a-t-elle ajouté.

Le club d'Hénin-Beaumont affirme de son côté avoir "respecté l'ensemble de ses obligations" et avoir apporté un "soutien matériel et psychologique pour la régularisation" de Rigoberte Mbah. Il "s'inscrit en faux contre les allégations et affirmations susceptibles de mettre en cause sa réputation et son honnêteté".

 

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