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Solidarite avec Mimmo Lucano

Source : Le monde - Luc Chatel - 18/11/2020

La Maison solidaire, une association de Saint-Etienne qui regroupe des familles d’accueil pour mineurs isolés, se débat entre des institutions réticentes et les contraintes liées à la seconde vague de l’épidémie de coronavirus.

A mi-chemin des premiers contreforts du massif du Pilat et du centre-ville de Saint-Etienne, dans un quartier résidentiel traversé par des cris d’enfants de l’école maternelle voisine, une maison a changé la vie de dizaines d’adolescents venus d’Afrique : la Maison solidaire. Mais l’association qu’elle héberge est fragilisée par les effets du coronavirus. L’histoire débute en 2016, quand Valentin Porte rentre d’Aix-en-Provence à Saint-Etienne pour habiter cette demeure familiale sur le point d’être vendue et poursuivre l’activité de son association Transport People and Care (TPC), qui achemine vêtements, nourriture et médicaments à des migrants du camp de Calais. « Un jour, l’antenne locale du Secours catholique m’a demandé si je pouvais héberger un mineur, raconte-t-il. La maison est grande, j’ai dit oui. » D’autres demandes ont suivi. Et d’autres « oui ».

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En 2018, l’association – rebaptisée TPC-Maison solidaire – a demandé un agrément d’hébergement à la préfecture de la Loire. « On nous a dit que nous faisions un travail formidable, et quinze jours plus tard… on nous a évacués », explique Valentin Porte. Un mouvement de solidarité s’est aussitôt formé. En quelques heures, une solution a été trouvée : 21 migrants ont été accueillis dans des familles.

Depuis, un réseau de 70 familles d’hébergement a été créé. Elles compensent le flou juridique qui entoure les jeunes non accompagnés dont la minorité n’est pas reconnue et qui attendent une décision du juge des enfants. Pendant cette période, nul n’est en effet tenu de les héberger. « Le maire renvoie à la préfecture, qui renvoie au département, qui renvoie au 115 [le numéro d’urgence et d’accueil des personnes sans abri], qui n’accueille… que des majeurs, se désole Valentin Porte. Or, plus de 95 % des jeunes que nous hébergeons finissent par être reconnus mineurs devant le juge. »

Transport impossible

Les départements ont pour obligation de prendre en charge des mineurs isolés. Mais il leur est possible de s’en décharger s’ils émettent un doute sur la minorité des demandeurs. Ces derniers se retrouvent alors démunis. Il en va ainsi de Djibril et Lamine, deux Guinéens hébergés par Amandine Letievant, infirmière stéphanoise qui a accueilli, avec son mari et ses trois enfants, une douzaine de mineurs en trois ans par le biais de la Maison solidaire. « J’ai réalisé que, derrière le mot de migrant, il y avait des ados comme les miens, commente-t-elle. Djibril et Lamine sont restés deux ans chez nous. » Le premier est aujourd’hui tourneur-fraiseur, le second en apprentissage. L’association compte 150 bénévoles. « Il y a un réseau associatif très vivant à Saint-Etienne, se réjouit la bénévole. Je suis fière de vivre ici. »

Mais le Covid-19 a tout bouleversé. « Une dizaine d’hébergeurs à la santé fragile nous ont dit ne plus vouloir accueillir de mineurs à cause du coronavirus, explique Valentin Porte. Et il y a des migrants reconnus mineurs par le juge des enfants qui doivent être pris en charge par d’autres départements, mais qui ne sont plus hébergés jusqu’à leur transfert. Or, il nous est impossible de les transporter à cause du confinement. »

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Jeudi 5 novembre, la Maison solidaire a vu arriver Léopold (son prénom a été changé), un mineur guinéen traumatisé. « Le département n’a pas reconnu sa minorité, raconte Valentin Porte. Il a dormi à la gare où on l’a agressé et volé. » Financée par des dons et par la Fondation Abbé Pierre, l’association regrette le manque de soutien des institutions. « Nous permettons au département de faire des économies et à la ville de limiter les risques d’agressions et de propagation du coronavirus », fait-il valoir.

Le coronavirus a été mis en avant par une décision de la Cour européenne des droits de l’homme du 30 mars 2020, indiquant au gouvernement français qu’il devait « assurer le logement et l’alimentation (…) jusqu’à la fin du confinement » d’un mineur guinéen débouté de sa demande par le département de la Haute-Vienne. En cette deuxième période de confinement, Valentin Porte appelle de nouvelles familles à agrandir sa Maison solidaire.

 

 

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