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Cercle des Voisins | 16/06/2011

 

Dans les dernières semaines nous avons croisé trois familles enfermées au Centre de Rétention avec des parcours présentant de nombreuses similitudes: deux familles venant du Kosovo, une de Tchétchénie où elles ont subi de manière évidente des persécutions et des sévices et où elles se refusent de retourner en dépit de l'acharnement administratif dont elles sont ici l'objet dans le but de les expulser vers des pays réputés comme "sûrs" par nos gouvernants.

Ces personnes ont des dossiers de demandeurs d'asile présentés à l'OFPRA (Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides) qui ont été rejetés, de même que leur recours auprès de la CNDA (Commission Nationale du Droit d'Asile); les préfets ont alors décidé de leur obligation à quitter le territoire suite à quoi elles ont été arrêtées puis placées en CRA (Centre de rétention Administrative) loin des lieux où elles vivent et se sont créées des amis. Les enfants de ces familles de 8 et 15 mois ont aussi été enfermés et d'autres mis en péril par l'arrestation de leur père.

Au bout du chemin et après plusieurs semaines de détention, nous avons eu la satisfaction de les voir sortir du Centre et retrouver un semblant de liberté. Non pas grâce à la mansuétude de nos préfets ou ministres mais grâce à des décisions de justice prononcées à deux reprises par la Cour Européenne des Droits de l'Homme ou par un juge du tribunal d'instance qui, suite à un refus d'embarquer, a eu le courage de prononcer une peine a minima de prison avec sursis.

Dans tous les cas leur situation en France n'est toujours pas régularisée et ils restent bien malheureusement dans une situation précaire avec la peur d'être de nouveau arrêtés. Ils ne comprennent pas que la France leur refuse l'asile.

Toutefois des réseaux de citoyens les soutiennent et font tout leur possible pour les aider à survivre en attendant qu'une issue favorable soit donnée à leur demande légitime.

Sans aucune illusions sur la machine policière et répressive mise en place depuis quelques années par nos politiques, ces tristes expériences amènent à se poser quelques questions sur le fonctionnement de nos administrations et l'indépendance de notre justice:

- Sur la base de quels critères des fonctionnaires puis des juges chargés d'apprécier les dossiers des demandeurs d'asile se prononcent-ils ? Ont-ils eux aussi des quotas à respecter, y-a t-il aussi une politique du chiffre en matière d'asile ?

- Sans pour autant connaître leurs convictions religieuses, toutes les familles dont nous parlons sont issues de pays majoritairement musulmans. Peut-on penser que certaines décisions pourraient elles aussi relever d’à-priori islamophobes ?

- Comment expliquer le zèle de certaines personnes travaillant dans les services concernant le séjour des étrangers tellement elles font preuve de mépris et d'imagination pour "piéger" les demandeurs ? Sont-elles seulement victimes de la propagande officielle sur le dévoiement de la procédure d'asile ou bénéficient-elles d'une prime à l'objectif chiffré comme c'est d'ailleurs le cas pour le préfet ?


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Formation CESEDA

Le Cercle des voisins a proposé deux sessions de formation sur la nouvelle loi CESEDA animées par Maître Benjamin Francos (ADE) les samedi 19 novembre et 10 décembre.
Nous vous proposons ici les vidéos et bandes sonores réalisés lors des séances.

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