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La Dépêche | 09/09/2011
La (fausse) cérémonie du prix P.A.P.O.N. hier soir près du Musée de la Résistance.
La (fausse) cérémonie du prix P.A.P.O.N. hier soir, près du Musée de la Résistance/.photo DDM. Léa Donnat



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Grimé en représentant de l'autorité publique, cachant son regard malicieux derrière de petites lunettes cerclées, le metteur en scène toulousain Michel Mathieu, entouré d'autres comédiens du Théâtre de l'Acte, présidait hier soir la remise du prix P.A.P.O.N. (Prix Attribué pour Obéissance Notoire) décerné aux meilleurs exécutants des quotas d'expulsions d'étrangers sans papiers. Toulouse a eu sa lauréate. Une fonctionnaire de la préfecture, responsable du bureau de l'asile et du contentieux des étrangers, a été couronnée « meilleure servante de l'État, notamment pour l'expulsion des Gabonais de la Haute-Garonne et plus particulièrement des étudiants ». Une prestation saluée par les sifflets et les huées de la foule.

La cérémonie a eu lieu à 18 h 30 sur l'esplanade du monument de la Résistance, à deux pas de la demeure qui abrita la Gestapo pendant les heures noires de l'Occupation. Près de deux cents personnes assistaient à cette parodie, censée récompenser les méthodes et les bilans des préfets et fonctionnaires de l'État les plus actifs en matière de reconduites à la frontière. Discours aux accents officiels, ouverture des enveloppes contenant les noms des gagnants, remises de trophées - un globe en fil de fer barbelé entourant une barque en bois - et de diplômes… l'imitation était parfaite. Trois hauts fonctionnaires, l'ancien préfet de Mayotte, le préfet du Pas-de-Calais, et le préfet de Gironde ont été oscarisés, ce dernier recevant « le Prix de l'innovation » pour avoir organisé le retour expéditif d'un citoyen d'origine indienne interpellé alors qu'il achetait un billet de train en gare de Bordeaux pour rentrer en Italie, son pays de résidence…

En clôture, le poète Serge Pey a lu un texte émouvant sur l'humiliation, tandis qu'un faux sans-papiers emprisonnait les officiels sur leur tribune avec du fil de fer barbelé. Visant à tourner en dérision une réalité dramatique ce prix P.A.P.O.N. est une initiative 100 % toulousaine.

« Le texte sera en ligne sur aael-toulouse.eklablog.com », annonce Françoise Bouyer, présidente de l'AAEL (association pour l'art et l'expression libre). « Nous aimerions qu'il soit repris et joué dans d'autres villes par d'autres comédiens.»

 

 

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