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Solidarite avec Mimmo Lucano

Source : L'humanité - Gaël De Santis - 21/12/2020

La Gauche unitaire européenne et le Réseau de surveillance de la violence aux frontières publient un Livre noir des expulsions, qui recense des dizaines de témoignages d’atteinte aux droits humains.

Il a 17 ans. Il est afghan. On est le 20 novembre 2020 et – son nom n’est pas donné – il arrive à Bari, port du sud de l’Italie, après avoir passé environ seize heures, la nuit, sous un camion qui traverse la mer Adriatique dans un ferry. Il est détecté par un scan du camion aux rayons-X. Il est frappé par un policier. « Ici, à côté » des côtes, raconte-t-il aux enquêteurs du Border Violence Monitoring Network (BVMN, Réseau de surveillance de la violence aux frontières) qui viennent de publier, vendredi, avec le groupe des eurodéputés de la Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique (GUE/NGL), un Livre noir des expulsions. Quand il se relève, l’exilé afghan se trouve entouré par « six ou sept » policiers. « L’un d’eux a dit qu’ils pourraient me conduire dans un camp de réfugiés dans le pays. Mais un autre a alors dit : “Non, renvoyons-le en Grèce” ! » se remémore-t-il. On lui prend ses effets personnels et une partie de ses vêtements. On le place en détention quelques heures, avant de le renvoyer vers son pays de transit. Sans jamais lui donner à boire ni à manger. Il n’aura pas le droit de déposer en Italie une demande d’asile.

72 % des migrants ont été battus

Cet Afghan-là avait donc 17 ans et était entré dans l’Union européenne par le sud de l’Italie. Mais il aurait aussi pu avoir 16 ans et traverser la frontière entre la Bosnie et la Croatie, et, de là, rejoindre la Slovénie le 12 novembre. Arrivé à pied de ce côté-là, il serait monté avec d’autres dans une voiture vite arrêtée par les officiers de police. Une fois au poste, à deux reprises, ce jeune aurait répondu au policier quel était son âge : « 16 ans. » Et à deux reprises, le policier lui aurait donné un coup de poing dans la poitrine. À la troisième demande, il aurait consenti à répondre « 18 », pour qu’on le laisse tranquille. Et deux jours plus tard, après avoir dormi dans une salle avec un seul drap et un seul banc pour douze personnes, il aurait été reconduit en Croatie.

Aux marges de l’Europe, on fait peu de cas de la démocratie, révèle le rapport publié vendredi. Le livre recense les abus en Italie, Slovénie, Croatie et Grèce. Dans ces deux pays, 90 % des personnes expulsées sont victimes de violences ou de vexations. Entre 2017 et 2020, le BVMN a recueilli le témoignage de plus de 892 exilés, autant d’histoires qui représentent le sort réservé à 12 654 personnes. Tous pays concernés, 77 % des migrants font valoir que leurs biens ont été volés ou détruits, 72 % qu’ils ont été battus, 40 % menacés par des armes à feu, et 5 % attaqués par des chiens. 35 % des personnes expulsées avaient émis, selon le rapport, le souhait de déposer une demande d’asile.

Icon QuoteNous avons été choqués par les récits infinis de violences dégradantes, sadiques et sans merci qui sont des réminiscences de brutales dictatures. Les membres de la GUE/NGL, qui siègent au sein du comité des libertés civiles du Parlement européen

Depuis que la route des Balkans a été fermée, en 2016-2018, les exactions se multiplient. Elle est loin l’époque où Angela Merkel ouvrait ses frontières aux réfugiés venus de Syrie. « Le manque clair de solidarité et d’humanité des politiques de l’Union européenne est visible depuis des années aux frontières, dénoncent dans ce Livre noir les membres de la GUE/NGL, qui siègent au sein du comité des libertés civiles du Parlement européen. Nous avons été choqués par les récits infinis de violences dégradantes, sadiques et sans merci qui sont des réminiscences de brutales dictatures. » Ils appellent à un contrôle indépendant aux frontières pour éviter que ne soient bafoués les droits de l’homme.

À cet égard, le BVMN relève qu’une telle vigilance est mise à mal par la répression des militants des ONG, notamment en Croatie et en Grèce. Le 25 novembre, par lettre, le BVMN rappelait Frontex, l’agence européenne de contrôle aux frontières, à ses obligations de respect des droits humains. En effet, du personnel de l’agence participe, selon les témoignages recueillis par des ONG, à des expulsions à la frontière gréco-albanaise, voire à des violences.

 

 

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