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La Dépêche | 3/10/2011

 

Il s'appelle Jean-Philippe Biasivi, 30 ans, sujet de la République démocratique du Congo (RDC). Il est venu en France pour suivre à Toulouse des études d'ingénieur avec tous les papiers qu'il faut pour cela. Lors d'un stage dans le cadre de ses études, il a travaillé à Montpezat-d'Agenais pour le compte d'une société agroalimentaire de fruits. Ses études terminées et son diplôme en poche, le responsable de cette société l'a embauché. C'était courant 2010. En novembre de cette même année, il a déposé à la préfecture de Lot-et-Garonne un dossier pour changer son statut d'étudiant étranger en celui de salarié. La réponse est tombée en février 2011. Ce fut un non catégorique avec une invitation à quitter la France dans le mois suivant. Jean-Philippe Biasivi s'est alors tourné vers le tribunal administratif de Bordeaux pour faire un recours. En juin, le tribunal lui a répondu qu'il n'y avait aucune raison qu'il ne rentre pas dans son pays d'origine et que le salaire qu'il percevait à Montpezat n'était pas conforme à ce qu'exige la législation française pour qu'il puisse demeurer en France comme salarié étranger. Un ajustement de quelques dizaines d'euros auquel son employeur était prêt à se conformer pour qu'il rentre dans les rails de la législation. Les demandes que Jean-Philippe Biasivi a faites depuis juin à la préfecture pour être reçu afin de présenter son dossier sont restées lettres mortes. Il a fait appel de la décision du tribunal administratif et, à ce jour, n'a toujours pas reçu de réponse.

Lundi, il a eu la surprise de voir débarquer chez lui à Montpezat-d'Agenais les gendarmes de Prayssas. Mandatés par la préfecture, les militaires lui ont annoncé qu'il serait expulsé le jeudi suivant. En attendant, ils lui ont fait signer une assignation à résidence de 45 jours avec obligation pour lui de venir pointer tous les jours à la gendarmerie. Ce qu'il a fait en demandant de pouvoir bénéficier d'une possibilité de se rendre à Toulouse pour régler ses affaires, notamment pour fermer son compte bancaire. Ce qui lui a été refusé.

Manque de respect

« Mais avec cette assignation à résidence, je pensais pouvoir bénéficier du temps nécessaire pour faire ce que j'avais à faire avant de partir », explique-t-il. Simplement, ce dimanche 2 octobre, les gendarmes sont revenus à Montpezat pour lui dire qu'il prendrait l'avion pour la RDC ce lundi à 16 heures à l'aéroport de Toulouse-Blagnac. « Je ne sais pas où je vais atterrir, très probablement à Kinshasa, c'est à 2 000 km de chez moi et je n'ai pas eu le temps de prévenir quelqu'un », se lamentait-il hier après-midi. S'il ne conteste pas d'être expulsé même s'il préférerait continuer à travailler à Montpezat, Jean-Philippe Biasivi regrette la manière. « Je n'ai jamais rien fait d'illégal et je me suis toujours conformé à ce qu'on me demandait. Je n'ai jamais essayé de fuir, ce que j'aurais pu faire ces derniers mois. Mais je ne comprends pas qu'on puisse m'expulser avant la décision de la cour administrative d'appel. Je n'admets pas que la préfecture n'ait jamais répondu à mes demandes d'entretien. Je suis un homme comme un autre et j'ai droit au respect ».

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