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Source : L'Humanité - Émilien Urbach - 07/01/2021

Trois policiers devaient être jugés, ce jeudi, pour « faux en écriture » et dénonciation calomnieuse envers un militant solidaire. En l’absence du plaignant, l’audience a été reportée in extremis.

Le procès en correctionnelle de deux agents de la CRS 40 et de leur brigadier-chef pour « faux en écriture » et un pour « violences » a failli se dérouler sans la personne qu’ils avaient violentée, puis traînée dans la boue pour justifier leur excès de zèle lors de l’évacuation mouvementée d’un campement de fortune à Calais, le 31 juillet 2018. Ils seront bel et bien jugés, mais pas ce jeudi 7 janvier, comme prévu. Tom Ciotkowski, ce bénévole britannique intervenant auprès des exilés du Calaisis, que les trois fonctionnaires avaient accusé d’ « outrage et violences contre personne dépositaire de l’autorité publique », n’a pas obtenu de visa pour venir à l’audience. Cela aurait pu faire le jeu des trois fonctionnaires si les avocats du défenseur des droits humains n’avaient pas demandé et obtenu le report du procès. En juin 2019, devant les juges du tribunal de Calais, le jeune bénévole de 31 ans avait comparu, accusé d’avoir insulté et violemment poussé les trois CRS . Lors de cette première audience, les avocats de Tom Ciotkowski, travaillant alors pour l’ONG Help Refugees, avaient proposé au tribunal de visionner plusieurs vidéos de la scène.

Aucune insulte n’avait pourtant été constatée ni aucun geste violent à l’encontre des fonctionnaires. À peine entendait-on Tom Ciotkowski demander son matricule à l’un des fonctionnaires et lui dire qu’ « on ne frappe pas une femme », lorsque ce dernier donne un coup de matraque à une autre bénévole.

« Une politique de harcèlement des défenseurs des droits humains »

« La description des événements qui ont entraîné la poursuite de Tom Ciotkowski (…) est discréditée par les vidéos », en conclurent les juges y voyant une « preuve contraire du contenu des procès-verbaux ». Le tribunal faisait également remarquer que les ecchymoses et égratignures constatées sur le corps du jeune militant, après auscultation médicale, laissaient « subsister un doute supplémentaire quant au récit des policiers sur la tournure de cette interpellation ». Tom Ciotkowski a porté plainte contre les trois fonctionnaires, pour « violences par agents dépositaires de la force publique, faux en écriture publique, faux et dénonciation calomnieuse ».

L’IGPN a été saisie et le procureur de la République de Boulogne-sur-Mer, Pascal Marconville, a décidé de poursuivre les fonctionnaires en correctionnelle. Selon lui, « les faits rapportés par les policiers (dans les procès-verbaux de l’interpellation de Tom Ciotkowski – NDLR) se sont révélés inexacts » et « ce sont plutôt » eux qui n’ont pas respecté « la mission qui était la leur ». Les images montraient que le jeune homme avait été bousculé par les trois CRS, entraînant sa chute par-dessus le parapet, côté route, au moment où passait un camion. Ses poursuites « sont un signal fort, qui tranche avec la présomption de crédibilité invariablement accordée aux fonctionnaires de police », se sont réjouis Apolline Cagnat et William Bourdon, les conseils de Tom Ciotkowski, à l’annonce de la décision du procureur.

Et Amnesty International d’ajouter : « Il est surtout urgent que les autorités cessent leur politique de harcèlement des défenseurs des droits humains qui, dans la région, font un travail indispensable en palliant les défaillances de l’État français. » Le mois dernier, plusieurs plaintes ont été déposées contre des policiers par des avocats de la Cabane juridique, à Calais, dénonçant, ces dernières semaines, « un déchaînement de violences » policières.

 

 


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