En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des services adaptés.

Source : INfoMigants - Charlotte Boitiaux - 10/02/2021

Paul est un Camerounais de 24 ans. Dans la nuit du 3 au 4 février 2021, il a tenté pour la deuxième fois la traversée des Alpes depuis l’Italie voisine, avec un groupe de quatre personnes. Partis à 20h, ils ont été retrouvés sains et saufs par des maraudeurs, côté français, vers 3h du matin. Deux jours avant, la Police aux frontières l’avait intercepté et renvoyé en Italie. Témoignage.

"J’ai été trouvé par les maraudeurs français dans la nuit. Je ne sais pas trop où j'étais. Ils m’ont dit que j'étais en France et qu’il était 3h du matin. Heureusement qu’ils étaient là, sinon, je ne sais pas ce que j'aurais fait. Je pense que je n’aurais pas réussi à traverser.

Nous sommes partis avec un groupe de cinq personnes vers 20h de Oulx, en Italie [ville frontalière]. J’avais des vêtements de ski et des bonnes chaussures. Pareil pour le groupe avec qui j'étais. Mais très vite on s’est perdus. On marchait un peu au hasard. On pensait que ça serait plus facile que ça. 

Je savais que le chemin serait dur, je savais que c’était dangereux, mais je voulais arriver ici. J’ai déjà passé la Libye, et j’ai traversé la Méditerranée. Je n’allais pas m’arrêter aux Alpes.

La nuit, dans les Alpes, il est difficile de se repérer hors des chemins balisés. Crédit : Mehdi Chebil
La nuit, dans les Alpes, il est difficile de se repérer hors des chemins balisés. Crédit : Mehdi Chebil

 

En fait, c’est très dur de marcher dans la neige. Tu t’enfonces jusqu’aux genoux. A certains endroits, tu t’enfonces jusqu’aux cuisses. C’est très dur de ressortir ton pied quand il est enfoncé dans la neige, tu perds ta botte, et tout devient vite humide. Je me suis fait mal au genou à cause de tout ça. Tu mets beaucoup de temps pour avancer un petit peu. Tu es vite très fatigué.

La première fois que j’ai essayé de traverser, je me suis fait arrêter par la police [la Police aux frontières, PAF]. Ils ne m’ont pas fait de mal. Ils ne m’ont pas frappé. Mais ils m’ont renvoyé immédiatement en Italie. Une voiture italienne est venu me chercher le soir-même.

Il fallait tout recommencer. 

Pourtant, dans la montagne, je leur ai dit : 'Laissez-moi entrer [en France], je veux demander l’asile'. Mais ils m’ont dit : 'Non, tu ne peux pas demander l’asile ici'. 

Quand j’ai essayé de repasser la deuxième fois, j’avais peur de retomber sur des policiers, alors, j’ai pris un autre chemin. C’est pour ça qu’on s’est vite perdus. Je ne savais pas où on était. On ne connaissait pas la route. Avec le froid et la neige, mon portable s’est éteint. 

C’est comme ça. C’est un sacrifice à faire. 

Quand les maraudeurs sont arrivés, au début on a eu peur, on pensait que c’était encore la police, on ne voyait pas très bien leur silhouette dans la nuit. Ils nous ont dit qu’ils n’étaient pas policiers, que c’était dangereux de rester là. Nous ne savions pas si nous pouvions leur faire confiance, mais on était tellement fatigués... Alors, on les a suivis."

Après avoir été récupéré dans la montagne, Paul s'est rendu au Refuge solidaire de la ville de Briançon. Le jeune homme qui boite à cause de sa jambe douloureuse se repose quelques jours. Paul espère pouvoir demander l'asile en France. Il souhaite s'installer à Lorient, en Bretagne, où réside un de ses amis.

A lire : "Nous voyons même arriver des personnes âgées" qui ont traversé les Alpes (1/4)

Charlotte Boitiaux, envoyée spéciale dans les Alpes françaises.

 

 


Plus jamais ca signons pour le jour dapres[Pétition] Plus jamais ça, signons pour le jour d’après

À la suite de la tribune « Plus jamais ça, préparons le jour d’après », seize organisations lancent une pétition nationale pour défendre des mesures urgentes et de plus long terme, porteuses de profonds changements politiques.

affichea3 acte4 03Acte 4 des Sans-Papiers : Liberté, Egalité, Papiers !

Le pouvoir fait partie du problème des crises de ce pays et les amplifie, semant la misère, le désespoir, le racisme et la haine là où il faut plus de solidarité, de liberté et d’égalité. Lors de la Marche nationale des Sans-Papiers nous avons montré que nous étions la solution.

Appel à l'Acte 4 et à des manifestations sur tout le territoire le 18 décembre

Régularisation des Sans-Papiers, Fermeture des CRA, Logement pour touTE

Archive

Powered by mod LCA