En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des services adaptés.

Source : Midi Libre - Leslie Souvanlasy - 12/02/2021

Rencontre avec Mohamed et Amamuel au sein du BTP CFA de l’Hérault à Montpellier. De jeunes migrants motivés qui bénéficient du dispositif “Prépa Apprentissage” lancé en 2019 par Muriel Pénicaud, l'ancienne ministre du Travail.

Tout est calme dans la rue Emile Picard à Montpellier en ce jour grisâtre de fin janvier. Aucun bruit ne se distingue dans l’enceinte du bâtiment. Mais le silence assourdissant est rapidement remplacé par le bruit d’une scie sauteuse, provenant d’un des ateliers. Plusieurs hangars se font face au sein du Centre de formation des apprentis dans les métiers du bâtiment. À droite, des inscriptions telles que “menuiserie”, “peinture” ou "maçonnerie" sont visibles au-dessus de chaque entrée d’atelier.

 

Dans le couloir qui mène au local de la menuiserie, des figures géométriques en bois sont disposées sur un long meuble. Sur le mur, il y a les photos de tous les apprentis menuiserie dont Mohamed Amman Nacer Souleiman et Amamuel Hagos Tekle, les deux jeunes migrants récemment arrivés.

Des trajectoires de vie difficiles

Attentifs aux explications de la professeure, Mohamed et Amamuel appliquent les gestes avec précision. “C’est une simulation de porte à panneau, dans une maison, en intérieur”, explique l’instructrice. Un bruit sourd résonne dans la pièce aux odeurs boisées. Avec leur maillet, les deux jeunes placent la planche sous une cale en bois pour ne pas la marquer lorsqu’ils utilisent le valet. Ils ont intégré la prépa en septembre. “J’ai quitté l’Erythrée en 2014. Je suis passé par le Soudan et la Libye avant d’arriver en France en 2019. Je me suis rapproché d’une assistante sociale pour trouver une formation”, confie Amamuel, 23 ans, en glissant ses doigts dans ses cheveux frisés, par timidité.

Mohamed et Amamuel à l'atelier de menuiserie.
Mohamed et Amamuel à l'atelier de menuiserie. Midi Libre - VINCENT PEREIRA

Mohamed et lui ont un parcours similaire, ils ont quitté l'Erythrée à cause du régime totalitaire. “La situation est très compliquée là-bas. On ne peut rien dire. On fait le soldat toute notre vie”, avoue le plus jeune dans un très bon français.

Des parcours comme ceux-là, il en existe des centaines. Plus de 390 migrants suivent un parcours d'apprentissage dans la région. Selon Ingrid Schwindling, accompagnatrice “savoir faire” et "langues” au BTP CFA, il existe trois profils type de jeunes migrants qui intègrent la prépa : des jeunes qui n'ont aucun parcours scolaire mais des connaissances (compter…). Ils ont eu une trajectoire de vie difficile mais ils ont la volonté de vivre comme tout le monde.

Des réfugiés politiques qui viennent d’autres pays, souvent d’Afrique subsaharienne (Mali, Guinée). Ils ont déjà une formation dans leur pays et veulent continuer leur métier. Et des jeunes scolarisés qui ont des bases et un parcours migratoire moins compliqué mais toujours la même volonté de travailler. L’accompagnatrice les aide à acquérir des bases essentielles pour suivre une scolarité dans un CAP. Elle leur enseigne le français (en entreprise et dans la société) et le vocabulaire de l'entreprise selon le domaine.

Ingrid Schwindling, l'accompagnatrice "savoir faire" et "langues" donne des conseils.
Ingrid Schwindling, l'accompagnatrice "savoir faire" et "langues" donne des conseils. Midi Libre - VINCENT PEREIRA
Un dispositif prometteur

Le dispositif est né d’un appel à projets lancé en novembre 2018 qui a permis de retenir 19 projets mis en œuvre par 150 CFA. Il est en expérimentation jusqu'en 2022, pour pouvoir être intégré officiellement dans le programme. Le parcours 4 “newstorybts” est à destination des mineurs non accompagnés et des jeunes migrants afin de se former aux métiers du bâtiment.

Le parcours 4 accompagne des migrants qui ont déjà une appétence pour le bâtiment. Il y a deux sessions de 6 mois par an. Chaque session est composée de 12 apprentis. “Ces jeunes ont une motivation incroyable. Ils ont tellement soif d’apprendre et l’envie de travailler qu’ils assimilent rapidement tous les enseignements et arrivent donc à trouver une entreprise”, s’enthousiasme Valérie Bonnet, coordinatrice régionale de la Prépa-apprentissage au CFA BTP Occitanie. Elle explique également que ceux qui essayent d’intégrer une entreprise sans la prépa, se retrouvent souvent en rupture de contrat. La prépa apporte un suivi aux jeunes migrants même après le dispositif car "le but est qu'ils décrochent un contrat derrière."

“La prépa permet aux jeunes migrants de se familiariser au terrain tout en s’intégrant auprès d’un groupe de jeunes âgés de 16 à 29 ans”, rajoute la coordinatrice. Grâce à ce dispositif, Mohamed et Amamuel comme tous leurs camarades ont réussi à trouver une entreprise. L’année dernière, huit jeunes ont trouvé un contrat d’apprentissage ou un stage. “Nous aimerions trouver un travail en France après l’apprentissage”, espèrent les deux Erythréens.

 

 


Plus jamais ca signons pour le jour dapres[Pétition] Plus jamais ça, signons pour le jour d’après

À la suite de la tribune « Plus jamais ça, préparons le jour d’après », seize organisations lancent une pétition nationale pour défendre des mesures urgentes et de plus long terme, porteuses de profonds changements politiques.

affichea3 acte4 03Acte 4 des Sans-Papiers : Liberté, Egalité, Papiers !

Le pouvoir fait partie du problème des crises de ce pays et les amplifie, semant la misère, le désespoir, le racisme et la haine là où il faut plus de solidarité, de liberté et d’égalité. Lors de la Marche nationale des Sans-Papiers nous avons montré que nous étions la solution.

Appel à l'Acte 4 et à des manifestations sur tout le territoire le 18 décembre

Régularisation des Sans-Papiers, Fermeture des CRA, Logement pour touTE

Archive

Powered by mod LCA