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Source : Médiapart - Pascal Maillard - 13/05/2021

À son 9ème jour de grève de la faim pour sauver Boubacar et Sidiki de l’expulsion, Guy, 74 ans, très affaibli, vient d’être hospitalisé. La Préfète de la Somme, après 6 mois de retard dans le traitement des dossiers des deux étudiants, met des vies en danger. Sa responsabilité et celle de l’État sont engagées.

J’ai publié ce 2 mai un billet alertant sur la situation de Boubacar et Sidiki et annonçant le début de la grève de la faim de Guy, leur soutien, leur ami. Le 5 mai, Guy de la Motte s’est rendu à la Préfecture pour déposer un nouveau courrier à la Préfète. Il y est allé pieds nus, en hommage aux migrants qui traversent les Alpes et tentent de passer la frontière entre l’Italie et la France. Le même jour il a commencé sa grève de la faim dans son garage « solidaire », où de nombreux amis sont venus le soutenir. En ce jeudi 13 mai nous apprenons que Guy a été hospitalisé, très affaibli à son 9ème jour de grève de la faim.

Je publie ci-dessous un communiqué de presse des ami.es de Guy ainsi qu’une lettre ouverte à la Préfète de la Somme par le Réseau Education sans Frontières (RESF). Après trois ans de combat pour Boubacar et Sidiki, après les soutiens d’associations, de la communauté universitaire, de citoyennes et citoyens, après des dossiers complets et bien documentés déposés à la préfecture, après plus de 15 000 signatures d’une pétition nationale (merci de continuer à signer ICI), après tout cela, que faut-il donc à la Préfète de la Somme pour qu’elle décide enfin de lever les OQTF et d’attribuer des titres de séjour à Boubacar et Sidiki ? Faut-il désormais, en ce pays, sacrifier sa vie pour sauver des vies ?

Pascal Maillard

PS du 16 mai : J'invite à lire la très belle "Lettre à Guy en soutien à son combat gandhien pour sauver deux étudiants guinéens" signée par Jean-Louis Bato et publiée ICI.

Guy pieds nus le 5 mai 2021 © RESF de la Somme
Guy pieds nus le 5 mai 2021 © RESF de la Somme

 

A 74 ans, Guy, soutien de 2 jeunes étudiants sans papiers,

est hospitalisé à son 9ème jour de grève de la faim

(Communiqué de presse du 13 mai 2021)

Ce matin, une ambulance a conduit à l’hôpital d’Amiens Guy de la Motte Saint Pierre, très affaibli à son 9ème jour de grève de la faim. Guy, âgé de 74 ans et de santé très fragile, a entamé cette grève mercredi 5 mai, jour où il a déposé à la Préfecture une demande de révision des dossiers de deux jeunes étudiants guinéens : Boubakar Sow (18 ans) et Sidiki Touré (30 ans). Ces deux jeunes, qu’il aide et suit dans leurs études et leurs démarches administratives depuis presque 4 ans ont reçu une Obligation de Quitter le Territoire Français fin 2020.

Leurs dossiers de demande de régularisation étaient pourtant complets et témoignent d’une insertion parfaite : Boubakar prépare un bac professionnel après avoir brillamment réussi un CAP et un BEP dans un lycée professionnel d’Amiens, Sidiki est en première année de Master de géographie et va débuter dans les prochains jours un stage dans une équipe de recherche de l’Université de Picardie Jules Verne. Leurs soutiens, étudiants et camarades, et bien sûr Guy, qui les suit comme ses fils, ne comprennent pas les motifs du refus de la Préfecture.

Guy de la Motte Saint Pierre, très connu dans le milieu militant et culturel amiénois (il a été 10 ans le président du festival de la bande dessinée d’Amiens) est très soutenu, notamment par Stéphane Ravacley, le boulanger qui a obtenu cet hiver la régularisation de son apprenti guinéen après 11 jours de grève de la faim. Les amis de Guy s’inquiètent aujourd’hui pour sa vie et ne comprennent pas la position de Préfecture. Ils en appellent à la bienveillance de la Préfète de la Somme, qui n’a à ce jour toujours pas répondu à la demande de Guy.

Lien vers la pétition nationale avec plus de 15 000 signatures

Lettre ouverte à Madame la Préfète de la Somme

pour demander la régularisation de Boubacar Sow et Sidiki Touré

Par RESF de la Somme, le 10 mai 2021

Nous, militants du RESF de la Somme soussignés, vous demandons de bien vouloir réexaminer très rapidement la situation administrative de Boubacar Sow et Sidiki Touré en vue de leur régularisation. 

L’un et l’autre sont arrivés de Guinée à l’issue d’un parcours difficile et dangereux dont ils portent à jamais la marque. Leurs témoignages, relevés dans la presse, en attestent et leur renvoi dans un pays d’origine qu’ils ont fui dans la souffrance et où ils n’ont plus la moindre attache, n’aurait pas de sens.

Ils ont au contraire noué depuis leur arrivée en France des liens solides et y ont entrepris des apprentissages qui leur permettront de s’insérer utilement dans notre société.Boubacar a obtenu au lycée professionnel de l’Acheuléen CAP et BEP et passera le baccalauréat en juin avant d’entamer si vous le permettez un apprentissage; Sidiki, engagé dans un master de géographie, a su s’entourer à l’UPJV de l’aide et du soutien de ses camarades étudiants et de ses enseignants, aussi bien pour s’adapter aux exigences académiques de l’université française que pour surmonter les difficultés de la vie quotidienne.

La qualité de leur intégration, la grève de la faim entamée ce 5 mai par Guy de la Motte en est la preuve ultime. Cet homme mettrait-il sa vie en danger pour Boubacar et Sidiki s’ils n’avaient pas, au fil des mois, su répondre par l’attention et l’affection aux signes d’attachement que Guy leur donnait ?

La détermination de monsieur de la Motte transparaît dans les interview. Madame la Préfète, nous nous doutons tous, en même temps que nous le redoutons, qu’il n’arrêtera pas sa grève de la faim avant d’avoir obtenu la certitude que Boubacar et Sidiki auront un titre de séjour.

Nous vous demandons, comme RESF de la Somme, de donner rapidement un signe en faveur de leur régularisation parce que la qualité de leur parcours de formation en France et les valeurs humaines qu’ils ont su démontrer depuis leur arrivée leur donne toute leur place parmi nous.

Salutations respectueuses.

Pour le Réseau Education Sans Frontières de la Somme,

Mireille Hanin,Nathalie Seguin, Nadine Leclerc, Sibylle Luperce, Bertille et Marcel Dekervel, Didier Cottrelle

Lien vers la Lettre ouverte à la Préfète de la Somme par le Réseau Education sans Frontières (RESF)

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