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La Dépêche | 09/04/2013 

 

Un Mexicain de 39 ans est entre la vie et la mort après s'être crevé un oeil jeudi au centre de rétention administrative de Perpignan, ont indiqué ce mardi une source policière et la Cimade.

L'homme était en centre de rétention depuis cinq jours et devait être présenté ce jour-là au juge des libertés et de la détention pour statuer sur son cas, quand il s'est crevé un oeil avec un stylo, selon une source policière. Le geste a été si violent que le stylo a atteint le cerveau. Le malheureux a été opéré d'urgence et placé dans un coma artificiel. Dans un communiqué, la Cimade, association d'aide aux étrangers, a exprimé "sa tristesse et son indignation". L'association souligne que "pour refuser d'être expulsé vers son pays d'origine, cet homme qui s'était déjà opposé cinq fois à des embarquements forcés, n'a trouvé d'autre solution que ce geste d'une violence extrême".

60 000 personnes chaque années

L'inspection générale de la police nationale (IGPN) a ouvert une enquête. Selon les premiers éléments de celle-ci, les blessures n'ont pas été provoquées par un tiers et il n'y a pas eu défaut de surveillance. Pour Christophe Guédon, secrétaire régional de l'UNSA police, la possibilité de détenir un crayon, un stylo et du papier est prévue par une circulaire ministérielle de juin 2010. "Sans l'intervention expresse des policiers de garde, cette personne n'aurait pas survécu", a-t-il ajouté.

De son côté, la Cimade affirme que "cet acte de dernier recours n'est malheureusement pas isolé". L'association a recensé "nombre d'automutilations, de grèves de la faim, voire de suicides" parmi les "60 000 personnes enfermées chaque année en rétention". Elle y voit un "ultime recours contre une expulsion" et souligne que "les solutions ne résident pas dans une surveillance accrue des prisonniers". "Toute personne enfermée endure des souffrances psychologiques aggravées par la perspective d'une expulsion", précise l'association, déplorant que "la politique d'immigration continue de reposer pour une large part sur ce dispositif très coercitif".

La Cimade estime que cet enfermement "doit devenir une exception". "Le gouvernement n'a ni annoncé ni mis en place de véritable changement de cap alors qu'une vraie rupture est aujourd'hui nécessaire et urgente", conclut l'association.

 

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