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Source : Le monde - 04/06/2021

Le Parlement danois a adopté le 3 juin un projet de loi prévoyant de renvoyer vers un pays tiers les demandeurs d’asile. Qu’un Etat de l’Union européenne délègue à des pays du Sud la mise en œuvre du droit d’asile est à la fois dangereux et choquant.

Editorial du « Monde ». S’il est une valeur historiquement et tragiquement liée à l’histoire du continent européen, c’est bien le droit d’asile. La convention de Genève sur les réfugiés adoptée en 1951 est la clé de voûte d’un système de protection international conçu sur les décombres d’une Europe qui n’avait su ni protéger les juifs persécutés ni empêcher le déplacement massif des réfugiés de guerre. Aujourd’hui ratifiée par 145 pays dans le monde, elle pose le principe fondamental du non-refoulement : aucun réfugié ne doit être renvoyé dans un pays où sa vie ou sa liberté sont menacées.

Le Parlement danois, en adoptant, jeudi 3 juin, un projet de loi prévoyant de renvoyer vers un pays tiers les demandeurs d’asile, sans même les admettre sur son territoire en cas de réponse favorable, soumet ce principe européen fondamental à une attaque sans précédent. Que ce texte vise à reporter sur des pays pauvres et non démocratiques – moyennant rétribution par le Danemark – la charge d’instruire les demandes d’asile, mais aussi la protection des éventuels réfugiés ou leur expulsion en cas de rejet de leur dossier, laisse pantois.

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Le Rwanda, premier pays avec lequel Copenhague a signé « un protocole d’entente » dans ce sens, emprisonne ou élimine ses propres opposants. Il cherche probablement à acquérir une respectabilité en proposant ses services, mais ne saurait être habilité à appliquer le droit d’asile au nom d’un Etat européen.

Une telle « externalisation » du traitement des demandeurs d’asile crée un terrible précédent dans une Union européenne (UE) qui reporte déjà sur les pays situés à son pourtour, comme la Turquie, le Maroc ou la Libye, la charge de retenir les migrants non autorisés à franchir ses frontières extérieures. Même si le Danemark, membre de l’UE, n’adhère pas à la politique des Vingt-Sept en matière d’immigration et d’asile, la politique qu’il affiche représente une régression insensée.

Dissuader les migrants

L’objectif ne semble même pas de mettre en œuvre le système décrit dans la loi : quel étranger demandeur d’asile se présentera au Danemark sachant qu’il sera renvoyé au Rwanda ou dans un autre pays (Tunisie, Egypte, Erythrée sont évoquées) ? Il s’agit plutôt de dissuader les migrants et d’afficher pour les électeurs danois le message de la première ministre, Mette Frederiksen : « Zéro réfugié. »

Pour le gouvernement social-démocrate danois, l’« exportation » des demandeurs d’asile, promesse de sa campagne électorale victorieuse de 2019, est le dernier en date des emprunts à la rhétorique de l’extrême droite. La stratégie, qui vise à répondre au choc de la crise des migrants de 2015 et joue sur la fragilisation d’un Etat-providence longtemps généreux et accueillant, a permis à la gauche gouvernementale de reconquérir des électeurs gagnés un temps par l’extrême droite. Mais au prix d’une dangereuse course à l’abîme et d’une détestable instrumentalisation des migrants, alors qu’en 2020 le Danemark n’a reçu que 1 515 demandes d’asile, soit le plus faible nombre depuis vingt ans et dix fois moins que ses voisins suédois ou allemands en proportion de sa population.

Qu’un Etat de l’UE délègue à des pays du Sud la mise en œuvre du droit d’asile est à la fois dangereux et choquant. Pareille pratique encourage le « chantage aux migrations » en permettant à des pays de départ de peser sur les politiques européennes. L’Union européenne ne saurait laisser se développer en son sein des pratiques qui reviennent à passer par pertes et profits un droit humain sur lequel elle est fondée.

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