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Source : InfoMigrants - Marlène Panara - 08/09/2021

Pour le populiste Andrej Babis, accueillir les Afghans sur le sol tchèque n'est pas envisageable. Une opinion partagée notamment par son homologue autrichien, dans le but d'empêcher "un nouvel exode vers l'Europe".

Il "n'y a vraiment pas de place" pour les réfugiés afghans dans l'Union européenne (UE). Voici la conclusion présentée par le Premier ministre tchèque Andrej Babis, à l’issue d’une rencontre avec son homologue slovaque Eduard Heger et le chancelier autrichien Sebastian Kurz, mardi 7 septembre.

Une des clés de solution serait, selon lui, de "mener des pourparlers avec le président (turc Recep Tayyip) Erdogan, comme dans le passé". Avant de se raviser immédiatement : "Mais je ne pense pas que ce soit une bonne solution", a-t-il ajouté. Le Premier ministre se réfère ici à l'accord migratoire conclu en 2016 entre l'UE et la Turquie. Ankara s'était en effet engagé à empêcher les départs vers l'Europe de millions de réfugiés, principalement syriens, en échange de financements pour l'aider à héberger plus de trois millions d’exilés.

Pour Andrej Babis, la "meilleure option", finalement, est celle qui "permet aux gens de rester en Afghanistan", a-t-il avancé. Alors même que le chef suprême des Taliban, Hibatullah Akhundzada, a demandé au nouveau gouvernement formé ce mardi de "faire respecter la charia", la très stricte loi islamique.

Depuis la prise de Kaboul, le 15 août, par l’organisation, la menace d'une arrestation ou pire, d'une exécution, est réelle pour les Afghans ayant collaboré avec les forces étrangères.

Selon un rapport du Centre norvégien d'analyses globales rédigé pour l'ONU et consulté par l'AFP, les Taliban ont établi des "listes prioritaires" de personnes qu'ils souhaitent arrêter. Mi-août, un membre de la famille d'un journaliste travaillant pour la radio Deutsche Welle (DW) et désormais installé en Allemagne a été tué par balle, a signalé le média allemand.

La solution régionale plutôt que l'accueil dans l'UE

Toujours dans l’objectif d’empêcher "un nouvel exode vers l'Europe", le chancelier autrichien Sebastian Kurz prône, lui, "une solution régionale". À l’issue de la réunion, il a fait savoir que l'Autriche avait convenu d’une enveloppe de 18 millions d'euros pour aider les réfugiés afghans dans les pays voisins de l'Afghanistan. "Nous tenterons d'alléger leurs souffrances, mais nous sommes convenus que l'année 2015 ne devrait pas se reproduire. Nous sommes contre l'immigration illégale et nous combattrons les passeurs", a-t-il martelé.

"Restez là-bas et nous aiderons la région à aider les gens là-bas", avait déjà déclaré le ministre autrichien Karl Nehammer, lors d’une réunion dédiée entre des ministres des 27 États membres de l'UE en charge de l'Intérieur ou compétents en matière d'Asile, le 31 août. Une option qui a la préférence de plusieurs pays de l’UE, comme le Danemark, la Hongrie et la Pologne, lesquels avaient réaffirmé leurs réticences lors de la rencontre.

Celle-ci n’avait d’ailleurs débouchée sur aucune politique commune d’accueil des réfugiés afghans, ni sur un accord. La Commission européenne est appelée à présenter des propositions pour soutenir les pays voisins, comme le Pakistan et le Tadjikistan, dans le cadre du budget européen. Cette aide proviendrait notamment d'une enveloppe de 80 milliards d'euros prévue sur 2021-2027.

À (re)lire : L'UE compte sur les voisins de l'Afghanistan pour éviter une crise migratoire

David Sassoli, président du Parlement européen s’était dit "très déçu", et avait dénoncé le manque de courage des capitales pour offrir l'asile aux exilés. Ces désaccords prouvent, pour le Premier ministre italien Mario Draghi, "la pauvreté de l’UE en matière de migration". "L’Europe, unie par de nombreux principes, est incapable de s’attaquer au problème et cela constitue une épine dans l’existence même du bloc", a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse jeudi 2 septembre.

"5 000 [réfugiés], c'est très peu"

Ailleurs sur le continent, plusieurs pays ont accepté d’accueillir des réfugiés sur leur sol. Mais ces propositions, lancées dans un contexte de solidarité internationale, restent modestes. Le Royaume-Uni a promis d'accueillir 20 000 Afghans, dont 5 000 au cours de la première année, mais ces chiffres ne sont "pas du tout à la hauteur des enjeux actuels", avait déploré à InfoMigrants Lucie Bichet. Pour la chargée de suivi et de plaidoyer de l'ONG Safe Passage, "5 000, c'est très peu au vu des capacités d'accueil britanniques". Et cela, alors même que le pays durcit drastiquement sa politique d’asile, avec un nouveau projet de loi actuellement en discussion au Parlement.

En France près de 2 600 ressortissants afghans ont été évacués de Kaboul vers Paris, en 10 jours. Selon Didier Leschi, directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii) également contacté par InfoMigrants le 31 août, le profil des personnes secourues ces derniers jours n'est pas le même que les demandeurs d'asile afghans venus en France ces dernières années.

"Ce sont essentiellement des personnes de la société civile urbaine, anciens fonctionnaires, journalistes, artistes, réalisateurs, comédiens". Des personnes qui, comme beaucoup d’autres restés sur place "sont le plus susceptibles d’être en danger" face aux Taliban. Mais la solidarité française a ses limites. Les dernières liaisons aériennes ont pris fin dans la nuit de vendredi à samedi 27 août.

 

 


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