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Solidarite avec Mimmo Lucano

Source : InfoMigrants - Leslie Carretero - 09/11/2021

Tristesse, anxiété, troubles du sommeil, pensées suicidaires… L’errance à laquelle sont confrontés les mineurs non accompagnés en attente d’un recours accentuent les "troubles psychiques préexistants tout en favorisant l’apparition de nouveaux troubles", selon un rapport de Médecins sans frontières et du Comede.

Dans un rapport publié mardi 9 novembre, Médecins sans frontières (MSF) et le Comede mettent en lumière les effets du "non-accueil" sur la santé mentale des mineurs isolés - ceux qui ne sont pas pris en charge par l'Aide sociale à l'enfance (ASE) parce qu'ils sont en attente d’un recours auprès d’un juge des enfants.

Le temps de ce recours, qui peut durer entre deux et 24 mois, les jeunes sont considérés comme majeurs par le département et se retrouvent à la rue, sans logement donc, sans ressources financières et sans accompagnement social.

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À travers son centre d’accueil de jour ouvert fin 2017 à Pantin, en région parisienne, MSF accompagnée par le Comede assure un suivi psychologique de ces jeunes livrés à eux-mêmes. En quatre ans, 5 462 consultations individuelles ont été réalisées. Et le constat est sans appel : les conditions d’accueil de ces mineurs non-accompagnés (MNA) "majorent les troubles psychiques préexistants tout en favorisant l’apparition de nouveaux troubles", écrivent les auteurs du rapport.

"J'ai une vie de voyou, je me sens comme une ordure"

Entre décembre 2017 et juin 2021, 395 de ces jeunes, essentiellement Africains, ont été suivis dans le centre de l’ONG médicale, après des parcours migratoires souvent chaotiques : perte d’un proche sur la route, abus physiques et violences sexuelles, enlèvements, humiliations... 

"Lorsqu’ils arrivent en France, une partie de ces jeunes souffrent de troubles psychiques, pour la plupart de syndromes psycho-traumatiques et de dépressions". Des troubles accentués par leur quotidien dans l’Hexagone marqué par "l’errance et la rue", qui maintient les mineurs "dans l’isolement et la précarité".

Leurs conditions de vie favorisent le développement de nouveaux symptômes : "humeur triste, anxiété, troubles du sommeil et de la concentration, sentiment d’impossibilité à faire face", ont constaté les deux associations. La "détresse massive" à laquelle ils sont confrontés peut même mener à des tentatives de suicide.

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La moitié des jeunes suivis dans le centre de Pantin présente ce type de troubles, souligne le rapport. "Mes rêves sont gâtés. À mon âge, je dors dehors. J’ai une vie de voyou. Je dors dans les cartons. Des gens vont devenir des agresseurs en prenant ce chemin (…) Je me sens comme une ordure que personne ne regarde", a confié à une psychologue l'un d'eux, Samba, cité dans le rapport.

Les idées noires exprimées par le jeune Ivoirien ont "progressivement disparu", depuis qu'un juge des enfants l'a reconnu mineur et qu'il a été pris en charge par l'ASE.

Preuve, pour les auteurs, que précarité et troubles mentaux sont intimement liés.

Difficulté d’accès aux soins

Les deux organisations dénoncent également les obstacles rencontrés par ces jeunes pour accéder aux soins. Leur statut "ni mineurs, ni majeurs", les empêche de recourir à certains d'entre eux, en l'absence de tuteur légal. "Sans figure décisionnelle à qui se référer, il est fréquent que les services refusent de les prendre en charge", indique le rapport.

La langue française est aussi un frein supplémentaire à leur intégration. Les MNA ne parlent pas toujours bien le français, et le recours à l’interprétariat professionnel est "trop limité" dans les structures de soins. Par ailleurs, les longs délais d’attente pour accéder à un suivi psychologique permettent aux troubles de "s'enkyster".

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MSF et le Comede recommandent la création de lieux de soins dédiés aux jeunes de 12 à 25 ans, dont l'accès ne serait "pas conditionné au statut administratif" et qui offrirait une prise en charge "pluridisciplinaire". Une façon de répondre autant aux besoins médicaux que sociaux, comme l'accès au logement, à l'alimentation ou au soutien pour les démarches administratives.

"Les objectifs de contrôle de l'immigration", estiment les organisations, "ne doivent pas prévaloir sur ceux de la protection de l'enfance"

 

 


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