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Fermez les Centres de Rétention !

Face à la crise sanitaire, l’enfermement administratif des personnes étrangères doit immédiatement cesser

Les Cercle des Voisins du Centre de Rétention de Cornebarrieu a lancé cette pétition adressée à Emmanuel Macron (Président de la République française.)

 

Lire la lettre au Président      Signer la pétition

 

La dépêche | 24/01/2015

«Il y a des terroristes ici et on renvoie des gens tranquilles, qui ne dérangent personne. Ce n'est pas juste. Bien sûr, c'est à l'État de décider qui il veut accueillir, mais la France pourrait nous donner notre chance. Les Arméniens sont travailleurs. Nous avons appris la langue. Nous avons tout fait pour s'adapter. Nous n'aspirons qu'à vivre et travailler comme des gens normaux. C'est ici que nous avons notre vie», dit Raya Khanoyan d'une petite voix. Partie d'Arménie où elle avait eu «des problèmes» à l'âge de 16 ans en 1999, cette jeune femme de 31 ans a passé la moitié de sa vie à l'étranger. Sur ses genoux, la petite Elen, 2 ans, scolarisée à Camille-Claudel, née à Albi où sa maman est arrivée en 2011 avec son mari Armen rencontré en Russie. Lui avait fui en 2008 l'Arménie, «réprimé pour avoir participé à une manifestation politique». Un papa âgé de 41 ans aujourd'hui séparé de sa famille. C'est aussi le cas de Samvel Vartapetian, 31 ans. Lui est papa de jumeaux garçon et fille de 2 ans et d'un bambin de 15 mois, nés à Albi et mari de Manouchak, 30 ans.

Les deux épouses sont venues hier soir à la rédaction de «La Dépêche du Midi» plaider leur cause, accompagnées de Marie-France de Truchis, ex-conseillère municipale d'Albi, qui les soutient «de tout son cœur» et représentante du Réseau éducation sans frontières (RESF).

«La peur bleue du retour»

Les deux pères ont été arrêtés mardi à Carmaux, lors des contrôles de garages par la police. «Leur comportement a paru suspect. Quand ils ont vu les policiers, ils ont paniqué. Ils ont cru que c'était pour eux. Tous deux sont en effet sous le coup d'une obligation de quitter le territoire français», rapporte Sylvie Puech, bénévole du Secours catholique à Alban, amie de Raya et qui prête une maison à Fréjairolles à l'autre famille. Placés en centre de rétention à Cornebarrieu, les deux pères ont vu leurs recours rejetés hier par le tribunal administratif de Toulouse. Leur seul espoir est l'ultime comparution ce samedi à 13 h 30 devant le juge de la liberté et de la détention à Toulouse. Ils risquent d'être mis dans un avion dès lundi, Armen pour l'Arménie et Samvel pour la Géorgie, car il appartient là-bas à la minorité arménienne. «Ils ont une peur bleue de rentrer dans leurs pays, où ils ne se sentent pas protégés», ajoute Sylvie Puech.

Après un refus du statut de réfugié politique et un premier rejet de leur requête devant le tribunal administratif de Toulouse, Raya et Armen attendent le résultat de l'appel formé devant la cour administrative de Bordeaux.

«On sépare les familles»

Manouchak, elle, «ne trouve pas normal de séparer les familles en expulsant les maris. Comment je vais faire, seule, ici, avec trois petits enfants?» «On ne leur a même pas laissé le temps de les revoir», pointe Sylvie Puech.

Raya, elle, dit combien, si elle voulait bien d'eux, la France pourrait compter sur la loyauté et la reconnaissance de ces Arméniens qui l'ont choisie comme terre d'élection : «Nous avons ce principe sacré, chez nous : Ne salis jamais l'eau que tu bois.»

Alain-Marc Delbouys

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