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Solidarite avec Mimmo Lucano

Source : Le monde - Julia Pascual - 03/01/2022

Le démantèlement d’un campement a dégénéré le 30 décembre et une rixe entre Calaisiens et Erythréens a viré au drame le soir du réveillon.

Une succession d’événements a témoigné d’un contexte délétère à Calais (Pas-de-Calais) où plusieurs centaines de personnes migrantes se trouvent dans des campements de fortune, dans l’attente d’un passage en Angleterre. Une situation inchangée depuis trente ans, mais qui, régulièrement, se tend.

Ainsi, jeudi 30 décembre, le démantèlement de l’un des lieux de vie informels par les forces de l’ordre a dégénéré en violences, tandis que le lendemain, une altercation entre des Calaisiens et des Erythréens a viré au drame.

Dans la soirée du 31 décembre, dans une zone d’habitation proche d’un campement, un couple de Calaisiens aurait été pris à partie par un groupe d’Erythréens. « Une réflexion est faite à la femme, de l’ordre de l’insulte ou de la provocation, rapporte le parquet de Boulogne-sur-Mer, à partir de témoignages. L’homme va appeler des amis en renfort. »

D’après le parquet, qui précise que les différents protagonistes étaient « très alcoolisés », cet homme a ensuite été passé à tabac par trois Erythréens, notamment au moyen d’une chaîne. En représailles, son frère a pris un véhicule, foncé à plusieurs reprises sur des personnes et roulé sur l’une d’elles au moins. Le pronostic vital de cette dernière est engagé, tandis qu’un autre Erythréen présente une fracture du tibia et du péroné. Le Calaisien qui a été tabassé est sorti de l’hôpital avec dix jours d’incapacité totale de travail.

« La tension est montée »

Une information judiciaire a été ouverte dimanche 2 janvier. Le conducteur calaisien, âgé de 23 ans, et deux Erythréens de 18 ans et 23 ans ont été mis en examen pour tentative d’homicide volontaire. « Ce genre de faits est rare, précise le parquet. Les rixes qui ont lieu sont surtout entre migrants. »

Sans que les événements ne soient liés entre eux, jeudi 30 décembre, le démantèlement d’un campement, situé sur un terrain boueux à proximité de parkings sécurisés où stationnent les camions en partance pour l’Angleterre, a dégénéré. En règle générale, les autorités évacuent les lieux de vie informels tous les deux jours, pour éviter que ne se reconstitue un bidonville. Ces opérations sont continuellement dénoncées par les associations et des autorités comme le Défenseur des droits.

Lire aussi :  A Calais, Etat et associations s’opposent sur la question du démantèlement systématique des camps de migrants

D’après Emma (elle souhaite garder l’anonymat), de l’ONG Human Rights Observers (HRO), présente sur place le 30 décembre, « le protocole de saisie des affaires n’a pas été respecté ». Alors que les migrants doivent pouvoir conserver leurs effets personnels, ce jour-là, « un cordon de gendarmes et de policiers les a chassés pour qu’ils sortent du terrain sans leurs affaires, en leur courant après. L’entreprise [de nettoyage] prestataire a commencé à saisir des tentes pleines d’affaires. La tension est montée ». Plus de trente abris auraient été saisis ce jour-là.

Dans un mail au Monde, la préfecture du Pas-de-Calais affirme au contraire qu’un délai « a été laissé aux migrants pour leur permettre de récupérer leurs affaires », mais que ceux-ci se seraient « montrés immédiatement très agressifs », refusant de quitter les lieux et jetant des projectiles. « Les forces de l’ordre ont dû utiliser aux alentours de 400 grenades lacrymogènes », ajoute la préfecture. Douze policiers et gendarmes ont été « transportés à l’hôpital, dont deux pour fracture de la jambe et blessure à l’épaule ».

Saisie de trente tentes

Dans la continuité de ces faits, une autre altercation a eu lieu entre des migrants et des chauffeurs routiers aux abords d’un parking sécurisé, qui jouxte le campement. Une vidéo qui circule sur les réseaux sociaux montre une dizaine d’hommes se saisir de barres et échanger des projectiles avec des migrants. « Les précédentes opérations d’évacuation ont pu engendrer des tensions, mais jamais de ce niveau et de cette intensité », souligne la préfecture. Qui ajoute qu’un nombre élevé de tentatives d’intrusion dans des poids lourds en novembre et décembre ont nécessité « parfois le recours à des moyens lacrymogènes ». Depuis le mois d’octobre, trois migrants sont morts en tentant de se cacher dans ces camions.

Pierre Roques, de l’association L’Auberge des migrants, estime que ces affrontements auraient « pu être évités ». « Les gens vivent dans des conditions terribles, ils en sont réduits à défendre un champ de boue », réagit-il. Il précise que le nouveau lieu de stockage et de récupération des affaires des migrants confisquées lors des expulsions, pourtant inauguré le 1er décembre par la ministre déléguée chargée de la citoyenneté, Marlène Schiappa, n’est toujours pas ouvert.

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Dimanche 2 janvier, les forces de l’ordre ont à nouveau procédé à l’expulsion du campement où étaient survenues les violences et ont interpellé, dans le cadre de l’enquête pour violence sur personne dépositaire de l’autorité publique, un Soudanais de 18 ans. HRO a dénoncé la violence de cette évacuation et décompté la saisie de trente tentes « alors que de la pluie et des rafales de vent à 75 km/h » étaient prévues la nuit. Contrairement aux engagements pris par l’Etat, « aucune solution de mise à l’abri n’a été proposée ».

 


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