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Solidarite avec Mimmo Lucano

Source : InfoMigrants - Marlène Panara - 07/01/2022

Annoncée le 2 décembre dernier, la fermeture du centre de jour du HCR à Tripoli est désormais actée. Les exilés peuvent toujours solliciter le bureau permanent de l'institution, dans le quartier Serraj. Mais l'inquiétude est grande pour les migrants, qui redoutent de nouvelles violences de la part des autorités et des milices libyennes.

Le Haut-commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) l’avait annoncé le 2 décembre. Un peu plus d’un mois plus tard, c’est chose faite : son centre de jour à Tripoli, ou CDC (Community Day Center, en anglais) est désormais fermé. Alors même qu’entre 1 000 et 1 500 personnes réclament toujours son aide à même le trottoir, aux abords de la structure.

"La décision de fermer le CDC fin 2021 a été très difficile à prendre, car il s'agissait d'un 'guichet unique' offrant de l’aide, avec des partenaires, à environ 150 personnes par jour en un seul endroit", affirme Caroline Gluck, porte-parole de l'agence onusienne en Libye, contactée par InfoMigrants.

Une décision pourtant "indispensable", selon elle, après deux mois de blocus. "Des solutions alternatives étaient nécessaires de toute urgence pour que nous puissions continuer à aider ceux qui ont besoin de notre soutien et de notre assistance."

Depuis début octobre, environ un millier de migrants campent devant le CDC. Ils s’étaient massés aux abords du bureau après des raids violents effectués par les autorités du pays dans le quartier populaire de Gargaresh, à Tripoli. Officiellement, dans le cadre d’une vaste opération de sécurité. Le Premier ministre intérimaire s’était même rendu sur place pour se féliciter de l’intervention. Mais il s’était bien gardé d’évoquer les nombreuses destructions de logements d’exilés et la mort de sept personnes. Près de 4 000 exilés avaient aussi été arrêtés et jetés dans les geôles de la ville, déjà surpeuplées.

Apeurés et dans l’angoisse de nouvelles arrestations, de nombreux migrants s’étaient donc réunis devant le CDC. Beaucoup réclament toujours leur évacuation vers un pays tiers.

>> À (re)lire : Libye : "Nous ne pouvons pas évacuer tout le monde, les places sont limitées", déclare le HCR

Après la fermeture du CDC, quelles alternatives pour les migrants ?

Les portes du CDC désormais closes, quelles alternatives ont désormais les exilés ? "Nous fournirons une aide d'urgence dans d'autres endroits à Tripoli. Depuis la fin du mois de décembre, nous avons de nouveau pu opérer dans notre bureau d'enregistrement principal à Serraj [dont les activités avaient un temps été suspendues, le 1er décembre, ndlr]", répond Caroline Gluck.

"Entre 200 et 300 personnes par jour" reçoivent là-bas une assistance du HCR. D'après la page Twitter Refugees in Libya, administré par un migrant vivant en Libye, une centaine d'exilés campaient déjà devant leurs locaux, la semaine dernière. Lundi 3 janvier, "des milices se sont approchées d'eux dans la soirée et leur ont demandé de se disperser".

La porte-parole conseille également aux migrants de s’adresser aux lignes d’assistance fournies par le HCR et ses partenaires*. Et rappelle qu’entre octobre et décembre, près de 4 000 demandeurs d'asile et réfugiés ont bénéficié d’un soutien financier en espèces. Les équipes du HCR ont également fourni une aide administrative à "plus de 8 000 personnes", sur la même période.

"La peine de mort pour des milliers de réfugiés"

Pour les exilés comme les ONG, la fermeture du CDC reste pourtant très problématique. Pour Iuventa Crew, cette décision est synonyme de "peine de mort pour des milliers de réfugiés". "Nous supplions le HCR de ne pas fermer ses portes", implore le navire de sauvetage italien sur Twitter.

Yambio David Oliver, exilé sud-soudanais et gérant de la page Refugees in Libya, craint notamment que les manifestants n'aient plus accès à l'aide du HCR. D'après lui, "le 22 décembre, l'institution avait promis à une partie des manifestants, retenus sur une liste, une aide financière, des kits d'hygiène, de la nourriture, des bâches en plastique et des interventions médicales. Mais jusqu'à présent, rien de tout cela n'a été fait", regrette-t-il sur Twitter. "Nous avons bien reçu cette liste et nous l’avons vérifiée", confirme Caroline Gluck. "Plus de 66 noms sur la liste étaient des doublons, beaucoup avaient aussi déjà reçu une assistance de notre part. Et certaines personnes n'étaient pas inscrites dans nos registres."

Elle poursuit : "Mais nous fournirons une nouvelle série d'aides la semaine prochaine, en donnant la priorité aux personnes de la liste qui y sont éligibles, y compris celles qui sont sans abri ou qui ont enregistré leur adresse en dehors du CDC. Les personnes qui ne sont pas inscrites chez nous pourront prendre rendez-vous".

>> À (re)lire : Libye : nouvelles violences devant le centre du HCR, où sont rassemblés des centaines de migrants

D’octobre à décembre, "plus de 1 650 personnes ont reçu des colis alimentaires d'urgence, en plus des 21 000 récipiendaires d’une aide alimentaire à Tripoli, Azzawiya, Misrata et Zwara", rappelle Caroline Gluck.

Pour se prémunir d’une éventuelle pénurie, Yambio David Oliver a lancé une cagnotte en ligne pour les exilés. "Nous avons besoin de médicaments et de nourriture. Nous devons aussi acheter des bannières et de la peinture pour la manifestation. Et nous payer un loyer et trouver un abri."

Toujours des kidnappings et des arrestations

Yambio David Oliver redoute aussi de nouvelles violences de la part des forces de l’ordre libyennes. "Nous sommes maintenant exposés aux enlèvements, aux attaques des milices et à l'extorsion. Nous risquons même d'être expulsés de force du quartier dans lequel nous nous trouvons actuellement, déplore-t-il. Certains de nos militants ont été kidnappés par différentes forces de sécurité, différentes milices."

Alors que les migrants ne peuvent plus s'adresser au CDC, "les autorités libyennes continuent de procéder à des arrestations et à des enlèvements illégaux de réfugiés et de demandeurs d'asile sous prétexte d'irrégularités. Hier [le 4 janvier] des dizaines d’entre eux ont été entassés puis détenus arbitrairement à Tariq Al Seka", indique sur Twitter Refugees in Libya.

Sur une vidéo publiée par un journaliste et partagée par le compte Refugees in Libya, on peut voir un jeune garçon tchadien, vêtu d’une chemise blanche déchirée, contraint de réclamer à sa famille une rançon. Les mains attachées dans le dos, couvert de poussière, ses bourreaux le retiennent par les cheveux. Lorsqu’il tente de s’exprimer, il est frappé et jeté à terre.

*Voici les lignes téléphoniques du HCR que vous pouvez contacter si vous avez besoin d'aide :

  • Hotline "protection" : 0917 127 644 (problèmes de protection en milieux urbains)
  • Hotline d'enregistrement du HCR : 0919 897 937
  • À Benghazi : 0910 007 218
  • Mécanisme de rétroaction commun de Tawasul, ligne 1404 (toutes les requêtes)

Vous pouvez également contacter les partenaires du HCR pour des demandes spécifiques :

  • CESVI, pour prendre rdv : 091 002 7716 ou 092 276 166
  • IRC, pour des soins médicaux : 091 035 4839 (urgences médicales), 091 034 7365 (consultations générales), 091 035 4818 (santé reproductive, consultations pré-natales)

 


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