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La Dépêche | 22/10/2015

Crise des migrants

Des sans papiers retenus au centre de rétention administrative de Cornebarrieu./Photo archives, DDM

Après les cinq migrants de Calais arrivés en jet affrétés par l'État au centre de rétention de Cornebarrieu, cinquante autres sans papier issus de la jungle de Calais sont attendus ce vendredi dans le centre de rétention de la Métropole.

Cette fois ils n'arriveront pas comme vendredi 16 octobre à cinq dans un jet privé affrété par l'État pour dispatcher les migrants de la jungle de Calais aux quatre coins de France. Vendredi 23 octobre, c'est un groupe d'une cinquantaine de migrants interpellés à Calais en marge de la septième visite du ministre de l'intérieur Bernard Cazeneuve sur le site qui débarqueront au centre de rétention administrative (CRA) toulousain de Cornebarrieu. Deux autres groupes seront dirigés vers les centres de Mesnil Amelot près de l'aéroport de Roissy, et de Nîmes. Selon une personne employée dans le centre, beaucoup de sans papiers qui étaient retenus depuis plus de 35 jours ont été libérés au cours de la journée de jeudi, pour faire de la place aux cinquante nouveaux arrivants.

À peine libérés, ils retourneront à Calais

Que deviendront-ils ensuite ? Essentiellement originaires d'Érythrée, d'Afghanistan ou du Soudan, ces réfugiés qui fuient la guerre devraient retrouver assez rapidement leur liberté, et regagner Calais par leurs propres moyens en attendant un hypothétique passage clandestin vers le Royaume Uni.

Mais pour les migrants, atterrir à Cornebarrieu n'est pas une sinécure. Car le centre de rétention toulousain compte parmi les plus durs de France. Le taux de libération par le juge des libertés et de la détention pour des questions de procédure y atteignait 4 % en 2014, contre 25 % en moyenne dans les 25 autres CRA Français. «Le juge des libertés vérifie la légalité de l'interpellation. On ne parvient pas à s'expliquer pourquoi à Toulouse les procédures sont tellement parfaites», ironise un proche du centre. Maintenus en détention plus souvent qu'ailleurs, les demandeurs d'asile restent en moyenne 19 jours derrière les barreaux toulousains contre 11 jours en moyenne dans les autres CRA.

Mais à l'issu de ce séjour, 60 % des 900 à 1 000 personnes qui transitent chaque année par Cornebarrieu finissent toutefois par être libérés. Et seuls quatre sur dix sont embarqués de force à destination de leur pays d'origine.

Depuis le changement de gouvernement en 2012, le nombre des enfants placés en détention avec leurs parents est passé de 45 à 50 par an à une dizaine en 2014. «Mais les services de l'État ont plus d'un tour dans leur sac. Puisqu'il est devenu difficile de priver les enfants de liberté les pères de familles sont interpellés seuls. Et lorsqu'ils sont expulsés, leurs femmes et enfants restés en France, le plus souvent sans revenus, n'ont plus qu'à suivre le mouvement», souligne l'employé du CRA de Cornebarrieu.

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