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Solidarite avec Mimmo Lucano

Source : france culture - 16/06/2022

Sept lycéens du lycée général technologique Auguste Blanqui de Saint-Ouen, aux portes de Paris, se sont retrouvés sans toit, à la rue avec leur famille à la rentrée de septembre 2016. Ils dormaient sous des abris-bus, des parkings. Deux d'entre eux racontent leur histoire, jour après jour…

des lyceens sans toit

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Marie est en terminale au lycée Auguste Blanqui de Saint-Ouen en Seine-Saint-Denis. Quand sa mère perd son emploi et son logement de fonction, cette dernière ne trouve pas de solution pour reloger sa famille. “On avait 3 mois pour quitter le logement. On a été obligées de laisser la plupart de nos affaires.

Marie, sa sœur et leur mère, atteinte de problèmes de dos, sont alors hébergées par une tante. “On était huit dans un logement social avec deux chambres.Marie dort sur un canapé avec sa mère. Tous les matins, elle met deux heures pour se rendre au lycée. “Je dormais pas assez, c’était un calvaire.” Quand, onze mois plus tard, leur tante leur demande de partir, la situation vire au cauchemar.

On a appelé le 115, on a appelé le foyer d’hébergement, mais rien. On a dormi dix jours dans la rue.” Marie

Elles passent la nuit entre deux voitures ou dans des gares, alors que sœur et sa mère sont en mauvaise santé. Marie continue d’aller en cours. Élève brillante, elle refuse de renoncer à passer le bac. Elle fait comme si de rien n'était : “J’essayais de le cacher le plus possible.” Quand vient le soir, elle se retrouve dans l’enfer de la recherche d’un toit. “On appelait le 115 tous les jours. Il n'y avait jamais rien.La situation devient rapidement intenable. Seule face à sa mère désemparée et sa sœur fragilisée, Marie finit par se tourner vers l’assistante sociale de son lycée.

L’assistante sociale me ramenait à manger tous les soirs. Parfois elle me donnait même de l’argent. Certains professeurs m’ont ramené des vêtements, et ils nous ont payé un hôtel. J’en revenais pas. Il y avait une solidarité de ouf.Marie

“Le lycée était notre seul abri”

Kahina, dix-huit ans, et sa petite sœur Ikram, élèves elles aussi au lycée Auguste Blanqui, se sont retrouvées dans la même situation. Après avoir quitté le logement de leur cousine, elles vivent depuis un an et demi à la rue ou dans les hôtels à bas coût que leur octroient les services sociaux, sans garantie sur leur avenir. “On s’est retrouvées à la rue, avec seulement un sac.”

Au lycée, elles n’osent pas dire qu’elles sont sans-abri, de peur d’être tournées en ridicule. A cause de la fatigue, elles ont de grandes difficultés à se concentrer et à tenir un rythme de travail. Malgré cela, elles continuent à avoir d’excellents résultats.

Je suis en France depuis un an et demi. Avant, je parlais pas français. Mais je n’ai pas d’autre choix que de réussir mes études et travailler.Kahina

Merci à Marie, à sa sœur, à sa mère, à Kahina et à Ikram. Merci également à Alice Mauricette, très active dans l'aide apportée aux lycéens, et plus largement au collectif des professeurs du lycée Auguste Blanqui. Spécial remerciement à Madame Manuela Dufour, assistante sociale du lycée Auguste Blanqui, qui est depuis 18 ans très proactive dans le soutien qu'elle apporte aux élèves.

Des nouvelles :

Voici quelques nouvelles grâce à Madame Manuela Dufour, l'assistante sociale du lycée Auguste Blanqui de Saint-Ouen.

Kahina et Ikram sont devenues étudiantes dans le domaine de la santé, mais n'ont pas pu continuer médecine comme elles le souhaitaient. La maman a obtenu un titre de séjour et travaille désormais à la Poste. Elles vivent toutes les trois dans une résidence sociale.

Marie et sa sœur ont eu leur bac S avec mention et sont logées avec leur mère dans une résidence sociale.

Pour aller plus loin :

Entre vague de solidarité et dépit, le combat de professeurs de Seine-Saint-Denis pour sortir six lycéens de la rue, Francetvinfo le 16/12/2016.

À Saint-Ouen, un lycée se bat pour trouver un toit à ses élèves SDF, L’Humanité le 20/12/2016.

Chanson de fin : "Taro" par Alt-J


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