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Source : franceinfo - Anne Andlauer - 16/06/2022

Dans "Le Club des correspondants", franceinfo passe les frontières pour voir ce qui se passe ailleurs dans le monde. Aujourd'hui direction la Turquie et le Liban qui accueillent des milllions de déplacés forcés.

Le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés publie jeudi 16 juin son rapport annuel et constate que le nombre de réfugiés ne cesse d'augmenter.
Près de 90 millions de personnes ont du fuir leur région ou leur pays l'année dernière, avant même le début de la guerre en ukraine. Des réfugiés qui se retrouvent par milliers en Turquie et au Liban. 

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En Turquie, le premier pays d'accueil face à la colère grandissante de la population

Avec 3,7 millions de Syriens enregistrés sur son territoire, la Turquie est de loin le premier pays d’accueil de réfugiés au monde. Mais alors que les Turcs souffrent d’une inflation record de plus de 73%, l’accueil est de moins en moins évident et les incidents se multiplient ces derniers mois.  

Même si cela reste des incidents isolés et que la cohabitation, dans l’ensemble, se passe relativement bien, les médias font état d’un nombre croissant d’actes de violences à l’égard des réfugiés. Les Syriens sont accusés de prendre le travail des Turcs, d’être responsables de la hausse des loyers dans les quartiers où ils sont nombreux, ou encore de créer des problèmes de sécurité.

En fait, les Syriens de Turquie ne sont pas des réfugiés au sens légal du terme, ce sont des "invités" sous "protection temporaire". Ils ont le droit de travailler légalement mais dans les faits, l’immense majorité d’entre eux survit de petits boulots payés au noir, donc sous-payés.

>> En Turquie, la présence des millions de réfugiés syriens suscite de plus en plus d'hostilité dans la société

Comment réagit le gouvernement à cette colère qui monte dans la population ? Les autorités sont très gênées parce que, d’un côté, l’opposition instrumentalise les frustrations que provoquent l’accueil des réfugiés — au risque de mettre le feu aux poudres — et, de l’autre, le président Erdoğan a souvent dit qu’il n’était pas question de renvoyer ces hommes, femmes et enfants dans la Syrie de Bachar Al-Assad. Par ailleurs, le gouvernement n’a jamais mis en place de vraie politique d’intégration et a toujours affirmé que les Syriens rentreraient chez eux le moment venu.

Pour calmer l’électorat à un an d’un scrutin présidentiel et législatif, les dirigeants turcs multiplient donc les annonces. Recep Tayyip Erdoğan a dévoilé récemment un plan pour renvoyer un million d’entre eux dans des zones dites "sûres" (des zones dans le nord de la Syrie sous contrôle de l’armée turque où elle a mené des incursions successives.

Autre mesure : le ministère de l’Intérieur a annoncé la semaine dernière qu’aucun étranger ne pourrait plus s’installer dans 1200 quartiers du pays, des zones où ils représentent déjà au moins 20% de la population. Le sujet risque de devenir de plus en plus sensible à l’approche des élections.

Au Liban, des milliers de réfugiés dans une situation dramatique et des autorités débordées

Il y a, selon les autorités libanaises, près d’un million de Syriens réfugiés au Liban depuis le début de la guerre civile chez eux, en 2011. Cela représente plus d’un quart de la population du Liban, qui est d’environ 4,5 millions d’habitants. Le pays est donc celui qui accueille le plus grand nombre de réfugiés proportionnellement à sa population. 

Ces réfugiés sont dans une situation catastrophique. Ils vivent dans des centaines de camps informels éparpillés sur tout le territoire, dans les régions proches de la frontière avec la Syrie. Ils vivent dans des tentes, des abris de fortune, où les conditions de vie et d’hygiène sont plus que médiocres, où l’ONU et les ONG interviennent, mais pour assurer le minimum.

Deux raisons à cela : le précédent Palestinien et ces 300 000 réfugiés arrivés après la création d’Israël en 1948 et qui ne sont jamais repartis. Le Liban a toujours refusé des camps officiels de l’ONU, organisés, structurés pour les syriens, des camps comme on en trouve au contraire en Jordanie.

Autre raison : les divisions politiques. Certains partis soutiennent le régime de Bachar Al-Assad en Syrie et considèrent que les syriens n’ont rien à faire au Liban.

Mais il y a aussi la crise économique sans précédent que traverse le pays. La pire depuis la guerre civile il y a 40 ans, avec l’effondrement de sa monnaie, de son système bancaire, de son État… avec trois Libanais sur quatre passés sous le seuil de pauvreté. Et les réfugiés n’y échappent pas : 90% des réfugiés syriens qui sont au Liban sont dans l’extrême pauvreté.

>> "Ils nous tuent petit à petit" : au Liban, sept jeunes racontent la crise qui ronge leur pays

La situation est telle que fin avril, le gouvernement a officiellement dit à l’ONU que l’aide international était insuffisante, qu’il ne pouvait plus supporter leur présence, qu’il ne pouvait plus assumer le coût de la sécurité des camps et des régions où ils sont installés. Qu’il ne pouvait plus non plus faire la police de l'émigration clandestine, pour empêcher des départs par la mer vers Chypre et l’Europe. Départs qui se sont multipliés et qui finissent souvent de manière tragique.

 


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