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Solidarite avec Mimmo Lucano

Source : la dépêche - Cyril Doumergue - 01/10/2022

Après avoir été expulsés d’un ancien Ehpad, puis avoir campé trois semaines sur les allées Jules-Guesde à Toulouse, des migrants sont au centre d’une polémique sur leur nouveau lieu d’accueil, à Saint-Lys.

Le feuilleton des migrants des allées Jules-Guesde se poursuit. Le 26 août dernier, environ 150 migrants originaires d’Afrique de l’Ouest étaient expulsés d’un ancien Ehpad du quartier de Lardenne à Toulouse.
Pendant plus de trois ans, la mairie de Toulouse avait mis à disposition les lieux.

Expulsés d'un ancien Ehpad, 140 migrants s'installent dans un campement 

Elle avait prévenu qu’à expiration de ce délai, un projet social municipal occuperait les lieux. Refusant de partir, les migrants ont été expulsés, après intervention des forces de l’ordre, le 26 août dernier. La plupart d’entre eux se sont installés sur les allées Jules-Guesde, près du Jardin des Plantes, dans des tentes. Pendant trois semaines, ils ont campé dans des conditions difficiles.
Des associations, des citoyens les ont soutenus pour leur subsistance, leur hygiène et leur scolarisation. Le 20 septembre, après une réunion en préfecture, ils ont accepté de quitter leur campement. Cent quarante et une personnes ont été prises en charge. Pour la plupart déclarées majeures à leur sortie des services du Département, elles sont dans l’attente d’un recours.

Lors du départ des migrants des allées Jules-Guesde à Toulouse, le 20 septembre dernier.
Lors du départ des migrants des allées Jules-Guesde à Toulouse, le 20 septembre dernier. DDM - LAURENT DARD
Pris en charge par l'Etat dans l'attente de leur recours, ils sont au centre d'un conflit entre la ville de Saint-Lys et la préfecture


Aujourd’hui, une vingtaine d’entre eux se retrouve au milieu d’un conflit entre une municipalité (Saint-Lys) et la préfecture. Les migrants sont accueillis dans un hôtel à Saint-Lys. Ville où la préfecture souhaite aménager, dans les mois qui viennent, un Centre de préparation au retour (CPAR), qui accueillerait des majeurs déboutés du droit d’asile, avant leur retour dans leur pays d’origine. La mairie n’en veut pas, et organise ce vendredi une manifestation (lire par ailleurs).
« Il y a aujourd’hui un amalgame fait entre ces jeunes, pris en charge par l’État, et ce projet à plus long terme. Exacerber les tensions en organisant une manifestation à proximité de cet hôtel n’est pas responsable », explique Marie Rajablat, responsable du programme Mineurs non accompagnés à Médecins du monde, « mais surtout citoyenne résidant près de Saint-Lys », précise-t-elle.

Une manifestation contre l'installation d'un Centre de préparation au retour, jugée "inacceptable" par des citoyens et la députée Monique Iborra

Le maire de Saint-Lys, Serge Deuilhé, estime que « fidèle aux valeurs humanistes d’aide et de soins aux populations opprimées, la municipalité affirme le principe d’hébergement des migrants, ici volontaires pour un retour dans leur pays d’origine. » En ajoutant que le projet actuel de Centre de préparation au retour (CPAR) demeure « inadapté par rapport aux capacités de la commune ».

Le maire de Saint-Lys met en avant l'absence de concertation

L’absence de concertation par l’Etat avec les acteurs locaux concernés est regrettable face à nos nombreuses sollicitations et celles de nos habitants. »
L’an passé, une motion refusant ce projet avait été signée par les élus saint-lysiens, motion transmise alors au ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, et à la députée de la 6e circonscription, Monique Iborra. « Nous n’avons jamais eu de réponses, pas plus que nous n’en avons reçu quant aux propositions que nous avons formulées », précise Serge Deuilhé. Ce vendredi, la députée Monique Iborra a jugé « irresponsable » l’organisation de la manifestation à Saint-Lys.


Pierre Alain Sarda, du collectif "Aide à l'accueil toulousain des demandeurs d'asile" : "Une situation complexe"

Vous faites partie d’un collectif de citoyens toulousains qui s’engagent pour soutenir les demandeurs d’asile. La situation actuelle des mineurs isolés vous semble-t-elle tenable ?

Il y a un énorme flux, chaque jour nous le constatons dans la rue à Toulouse. Des jeunes arrivent chaque jour. Selon certains, il faudrait arrêter de les aider, pour ne pas inciter les autres à les rejoindre. Ce n’est pas notre position. Nous nous engageons au quotidien pour soutenir ces gens, qui ont souvent traversé des pays en guerre. Nous faisons ce que nous pouvons, mais à la base, il y a un vrai problème de solidarité internationale. C’est un problème complexe, mais ces flux ne vont pas s’arranger avec la crise climatique.

Vous souhaitiez réagir par rapport à l’expulsion des mineurs de l’ancien Ehpad des Tourelles, fin août ?

Oui, j’ai pu lire ou entendre des choses assez grossières. Le maire de Toulouse a des défauts, mais là, il avait ouvert ce centre depuis 3 ans, des travailleurs sociaux étaient mis à disposition, des repas étaient payés. Et certains ont voulu lui faire endosser le mauvais rôle lorsqu’il a demandé leur expulsion. J’ai trouvé cela assez injuste. Pour autant, je ne suis pas d’accord avec la politique de la mairie sur l’île du Ramier, par exemple.

Pour quelle raison ?

Il faut livrer un « Central Park » aux Toulousains, donc tout doucement la situation évolue sur place.

.La politique du « zéro squat » à Toulouse est-elle la bonne selon vous ?

Je ne sais pas si c’est la bonne. En tout cas, pas mal de squats ont été démantelés, aux Minimes, au Mirail, à Purpan. Et de nombreuses personnes se retrouvent aujourd’hui dans l’immense bidonville du bord de Garonne, à Empalot.

Comprenez-vous la réaction du maire et de certains habitants de Saint-Lys ?

Je ne cautionne pas leur manifestation, à proximité d’un lieu d’accueil de migrants. Le symbole n’est pas bon, il peut être récupéré par des gens qui sont foncièrement anti-immigration.

 

 

 

 


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