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Solidarite avec Mimmo Lucano

Source : le monde - Julia Pascual - 18/01/2023

Plus de 130 000 demandes ont été déposées en 2022. Le pays renoue avec une tendance à la hausse engagée depuis une décennie qui concerne toute l’Europe. Arrivent en tête les requêtes déposées par des ressortissants d’Afghanistan, du Bangladesh et de Turquie.

Avec 130 933 requêtes déposées en France en 2022, les demandes d’asile ont retrouvé leur niveau d’avant la crise sanitaire. D’après les chiffres publiés mardi 17 janvier par l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), les demandes ont progressé de 27 % par rapport à 2021. « Ce n’est pas une surprise, commente Julien Boucher, le directeur général de l’Ofpra. La parenthèse liée au Covid est refermée. On renoue avec une tendance à la hausse durable depuis une décennie. » En 2019, l’année précédant la crise sanitaire, 132 826 demandes de protection avaient été enregistrées par l’Ofpra.

« C’est d’autant moins une surprise que cette augmentation progressive se retrouve à l’échelle européenne, de façon très marquée dans certains pays », poursuit M. Boucher. Selon les dernières données de l’Agence de l’Union européenne pour l’asile, plus de 900 000 demandes d’asile avaient été enregistrées entre janvier et fin novembre 2022 en Europe, contre 587 000 sur la même période en 2021, soit une hausse de 53,51 %. La France arrive en deuxième position derrière l’Allemagne et devant l’Autriche et l’Espagne. « Les chiffres de 2021 peuvent être considérés comme artificiellement bas car la pandémie de Covid-19 a affecté à la fois la capacité de voyager et de déposer des demandes d’asile en 2021 », insiste l’agence européenne.

« Nous protégeons les Afghans »

La demande en Europe est aujourd’hui portée par les ressortissants syriens, afghans et turcs. La demande syrienne n’est traditionnellement pas importante en France et se porte davantage vers des pays comme l’Allemagne. En revanche et pour la cinquième année d’affilée, « la demande afghane est solidement en tête, avec près de 18 000 demandes », remarque le directeur de l’Ofpra. La nature de la protection accordée aux Afghans a évolué depuis le retour des talibans au pouvoir, à l’été 2021. « Jusque-là, les Afghans bénéficiaient essentiellement d’une protection fondée sur la situation de guerre dans une grande partie du pays et l’insécurité généralisée qui en résultait, détaille M. Boucher. Aujourd’hui, nous protégeons les Afghans car les demandeurs font valoir des craintes liées au pouvoir en place. »

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Avec quelque 38 000 Afghans protégés par l’Ofpra en 2022, leur taux de protection s’est élevé à 69 %. Ces chiffres ne tiennent pas compte des protections éventuelles accordées par la Cour nationale du droit d’asile, que peuvent saisir les requérants dont la demande initiale a été rejetée par l’Ofpra.

Toutes nationalités confondues, le taux de protection accordé par l’Ofpra s’est élevé à 29 % en 2022, contre 26 % en 2021. Parmi les demandes arrivant en tête et derrière l’Afghanistan, figurent notamment les ressortissants du Bangladesh (8 600), de la Turquie (8 500), de la Géorgie (8 100) et de la République démocratique du Congo (5 900).

« La demande bangladaise est liée à la situation difficile du pays mais elle ne relève pas de l’asile pour une majorité », précise M. Boucher. Le taux de protection accordé aux Bangladais s’élevait à 5,2 % en 2021 (il n’est pas encore disponible pour 2022). Les motifs de la demande bangladaise se caractérisent par des conflits d’ordre privé, de type fonciers, commerciaux ou familiaux. « Il est à relever que les motifs politiques et fonciers sont souvent entremêlés les uns aux autres et que les motifs de craintes sont multiples dans une majorité de dossiers », notait l’Ofpra dans son rapport d’activité de 2021.

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L’augmentation de la demande d’asile turque est notable en 2022, puisqu’elle passe de 5 200 à 8 500 requêtes sur un an. Le taux de protection pour ces demandeurs s’élevait à 31,6 % en 2021 (le taux 2022 n’est pas disponible non plus). « Les mouvements sont mixtes, analyse M. Boucher. On a une dynamique qui peut être liée à la situation économique complexe. Une partie de la demande est également liée à la situation des Kurdes et une autre part est liée à une appartenance réelle ou supposée à la mouvance Gülen [accusée par le président turc Recep Tayyip Erdogan d’être une organisation terroriste ayant ourdi la tentative de putsch de 2016]. »

Hausse des demandes russes

Les chiffres annuels de l’Ofpra ne tiennent pas compte de la protection temporaire accordée aux Ukrainiens après l’invasion russe de leur pays en février 2022 puisqu’ils ont bénéficié d’un régime de droit au séjour particulier au sein de l’Union européenne. En revanche, les ressortissants ukrainiens présents en France avant le déclenchement de la guerre et qui n’ont pas pu prétendre à la protection temporaire, ont pu déposer des demandes d’asile. Celles-ci se sont élevées à 1 900 demandes en 2022, soit un niveau faible.

Le conflit en Ukraine a également eu pour conséquence une hausse des demandes d’asile russes avec 2 600 demandes introduites en 2022, contre moins de 1 500 en 2021. « Il s’agit notamment de personnes qui ont manifesté leur opposition à la guerre ou qui ont refusé d’aller combattre en Ukraine », note M. Boucher.

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Autre fait notable en 2022 : les délais moyens de traitement des demandes d’asile se sont établis à 5,2 mois, contre 8,5 mois en 2020 et 2021, résultat des renforts d’effectifs accordés à l’Ofpra, qui compte désormais plus de 1 000 agents. L’objectif à atteindre fixé par le gouvernement, et régulièrement rappelé, reste de deux mois (et six mois, si la Cour nationale du droit d’asile est saisie).

Pour y parvenir, des mesures ont d’ailleurs été introduites dans le projet de loi immigration dont la présentation en conseil des ministres doit avoir lieu début février. D’après les éléments du texte déjà connus à ce stade, le gouvernement souhaite déployer des agents de l’Ofpra, aujourd’hui rassemblés en un lieu unique à Fontenay-sous-Bois (Val-de-Marne), au sein des guichets uniques pour demandeurs d’asile, des lieux en préfecture où sont réunis des agents de la préfecture et ceux de l’Office français de l’immigration et de l’intégration. C’est là que les demandeurs d’asile enregistrent leur souhait de demander une protection internationale. La réforme organisationnelle et pratique voulue par le gouvernement permettrait d’accélérer les délais de convocation pour l’entretien d’asile au siège de l’Ofpra en actant dès le passage au guichet unique pour demandeurs d’asile, renommé pôle « France asile », le choix de la langue et l’état civil du demandeur. L’exécutif ambitionne ainsi de réduire d’un mois les délais d’instruction.

 


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