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Source : France Bleu - Alexandre Blanc, France Bleu Champagne-Ardenne et France Bleu - 2/1/2018

Menacé en Afghanistan pour avoir travaillé pour l'armée française, Mohammad Basir Ibrahimi a fui son pays pour rejoindre la France. Ses démarches pour obtenir un visa restent vaines. Le jeune interprète hébergé dans un foyer pour migrants de Charleville-Mézières risque à tout moment d'être expulsé.

 

Le Cercle des Voisins
invite journalistes et organes de presse à diffuser cette information le plus largement possible, afin que cette faute et cette trahison soient enfin réparées.

D'août 2011 à septembre 2012, Mohammad Basir Ibrahimi travaille comme interprète anglophone pour l'armée française. "Je voulais oeuvrer pour la paix", confie celui qui a grandi dans un pays en proie à la guerre civile, puis sous la coupe du régime des Talibans. 

Mohammad Basir Ibrahimi avec les troupes de l'OTAN - Aucun(e)

Lorsqu'en 2015, l'OTAN retire ses troupes du pays, un officier lui conseille de se rendre à l'ambassade de France à Kaboul afin de bénéficier de la procédure de relocalisation. Sur les 252 demandes de visa adressées à la France, environ 150 sont rejetées, dont celle de Mohammad Basir Ibrahimi. "On me demandait de prouver que j'étais menacé, c'est stupide"

Des menaces, Mohammad Basir Ibrahimi raconte en avoir reçues. En novembre 2015, un homme l'accoste dans une échoppe : "Je t'ai reconnu, tu travaillais pour l'armée. Suis-moi". Un autre individu, armé, l'attend à l'extérieur. Mohammad Basir Ibrahimi parvient à s'enfuir. Il plie bagage dès le lendemain. 

Menacé en Afghanistan, ignoré par la France

Commence un long périple, à pied, en bateau, en voiture, de camps de réfugiés en camps de réfugiés. Objectif rejoindre la France. Mais nous sommes en décembre 2015, quelques semaines après les attentats perpétrés à Saint-Denis et à Paris. François Hollande décrète l'état d'urgence. "Les frontières étaient fermées", témoigne l'exilé.

"En France, les anciens auxiliaires afghans de l'armée française qui ont déposé une demande d'asile ont tous obtenu le statut de réfugié", explique Caroline Decroix, vice-présidente de l'Association des anciens interprètes afghans de l'armée française. La suite du parcours de Mohammad Basir Ibrahimi montrera que ce n'est pas le cas partout. 

Bloqué en Allemagne, l'Afghan prend alors la route des Pays-Bas, où la police le contrôle et prend ses empreintes. Le règlement Dublin appliqué dans l'Union européenne l'oblige à déposer sa demande d'asile aux Pays-Bas. Celle-ci lui est refusée

En mai 2017, Mohammad Basir Ibrahimi rejoint la France. Il séjourne à Châlons-en-Champagne, où le préfet prend à son encontre un arrêté de transfert vers les Pays-Bas. Pour le jeune Afghan, cela serait synonyme de retour dans son pays natal. Il fait appel de la décision. Son cas doit être examiné prochainement par la cour administrative d'appel de Nancy. Dans l'Essonne, la justice administrative a déjà donné raison à un autre Afghan dans le même cas, obligeant la France à examiner sa demande d'asile. 

Le ministère des Armées, grande muette

Parallèlement, en tant qu'ancien auxiliaire de l'armée française, Mohammad Basir Ibrahimi demande une protection fonctionnelle au ministère des Armées car il est menacé en raison de ce passé militaire. Ce statut lui permettrait de bénéficier d'un visa de séjour mais la demande reste lettre morte, ce qui équivaut à un refus. Sur ce volet-là aussi, l'Afghan va saisir le tribunal administratif. 

Lettre de recommandation de Mohammad Basir Ibrahimi - Aucun(e)

Pour Caroline Decroix, vice-présidente de l'Association des anciens interprètes afghans de l'armée française, "c'est d'une tristesse absolue de voir que le ministère des Armées est incapable de prendre une décision motivée à l'attention de ses anciens agents". 

Le président de la République, en campagne électorale, disait que le comportement de la France vis-à-vis des auxiliaires afghans était une faute et une trahison" - Caroline Decroix, vice-présidente des anciens interprètes afghans de l'armée française

Voilà deux ans maintenant que Mohammad Basir Ibrahimi n'a plus vu sa femme, restée en Afghanistan.


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