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Rencontre entre le secretaire general de la prefecture et une delegation de militants

A la suite de la lettre du 11 janvier envoyée par la LDH au préfet à la demande du collectif « Solidarité Migrants 31 » et en son nom, le secrétariat général nous a invités à le rencontrer pour évoquer la situation des migrants. Le 16 janvier à l’occasion de notre premier rassemblement, après débat nous avons décidé de nous rendre à ce rendez-vous, il a eu lieu le 18 janvier de 11H30 à 12H30. Nous nous étions mis d’accord sur la composition de la délégation : autour d’un migrant afghan s’exprimant en anglais, il y avait un responsable de « Solidarité Migrants 31 » Benjamin FRANCOS qui assure avec ses collègues avocats, des permanences juridiques, Michèle CREMOUX du Cercle des Voisins et François DUMAS pour la LDH.

Nous avons été reçus par Monsieur DAGUIN, Secrétaire Général de la préfecture entouré de Madame PAUZAT et du chef de service. Le secrétaire général nous a demandé les raisons de notre présence place Wilson et quelles étaient nos demandes. Nous avons précisé que cette mobilisation a été lancée à la demande des personnes en CAO et dans un contexte d'urgence sociale et humanitaire. La solidarité citoyenne palliait souvent au manquement de l'Etat en divers aspects ( juridique, apprentissage du français,...) et se traduisait en actes solidaires. Nous avons aussi évoqué le manque de clarté de l'administration sur la situation de personnes vulnérables.

Nous avons insisté sur notre mécontentement face aux promesses faites aux migrants de Calais de ne pas être « Dublinés » pour qu’ils acceptent de monter dans les bus pour rejoindre les CAO un peu partout en France. Promesses faites par Bernard CAZENEUVE et le directeur de l’OFPRA , promesses non tenues! Le migrant Afghan que l’on accompagnait, a déclaré s’être senti trahi en découvrant à la préfecture de Toulouse qu’on l’inscrivait sous la procédure « Dublin ».

Concernant les mineurs isolés, M. Daguin nous nous a assuré qu'ils reçoivent le même traitement que tout mineur isolé avec une évaluation au titre de l'ASE. Les responsabilités reposent ensuite sur le conseil département et sur l'Etat (sous couvert du juge des enfants). Quand à l'interruption de prise en charge des mineurs isolés par le conseil général 31, le secrétaire général ne peut répondre.

Sur la fermeture imminente du CAOMI de Luchon , M. Daguin s'engage à loger ces mineurs (s'ils sont vraiment mineurs !) en CADA.

Pour le « public majeur » hébergé en CAO, deux choses ont été dites :

  1. Garantie qu'aucun éloignement contre leur volonté sera effectué

  2. Ces personnes doivent voir leur droit ouvert le plus rapidement possible.

S'ils ne sont pas connus en situation Dublin et souhaitent retourner volontairement dans leur pays, il y aura un accompagnement financier. Sinon ils peuvent formuler une demande d'asile en France. Dans ce cas, l'entretien est plus poussé pour le public CAO que pour les autres.

S'ils sont reconnus Dublin (s'ils ont « hippé positivement » en jargon préfecture), ils remplissent un dossier DUBLIN (mais promesse de M. Daguin : pas de retour contraint) et poursuite des négociations avec le Royaune Uni.

A été évoqué aussi le délai important pour l'attribution de l'ADA . M. Daguin reconnaît que ce n'est pas normal.

Le représentant du préfet nous a assuré que tout était mis en œuvre pour aider les 209 migrants répartis dans les 6 CAO de Haute Garonne, qu'aucune pression de la préfecture se serait exercée afin de respecter la phase de répit en CAO. Il nous a demandé d’informer les migrants de cette volonté de la préfecture de la Haute Garonne. Face à notre réaction négative, unanime, de ne pas compter sur nous pour se porter caution de l'Etat, il nous a proposé de nous revoir d’ici un mois pour faire un point précis sur les cas précis. Nous avons accepté ce principe.

A la sortie de la préfecture, nous avons rendu compte aux migrants présents et aux militants des différentes associations de notre entrevue. Qui peut se résumer en deux points :

1 Nous n’avons pas obtenu la levée des procédures « Dublin » pour les migrants issus de Calais, contrairement à notre demande.

2 La rencontre prévue dans un mois sera cependant un levier intéressant pour vérifier les déclarations un peu lénifiantes qui nous ont été servies pendant une heure, seront suivies d’effets !

 

PS Nous avons au moins obtenu un chiffre : il y a 209 migrants issus de Calais en CAO en Haute-Garonne.

 

François DUMAS, en collaboration avec Michèle CREMOUX du Cercle des Voisins