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Demain il fera jour et nous serons libres d'écrire, de vous dire ce qu'on a à dire.

Demain il fera jour et nous serons libres d'aller où nous voulons quand nous voulons.

Demain il fera jour pour nous, dans la lumière libre du matin,

sombre derrière les murs, les grillages, du centre de rétention de Cornebarrieu tout près de chez nous.

 

Demain il fera jour pour nous, sans appuyer sur la sonnette et attendre qu'on veuille bien nous répondre, pas pour eux.

Nous, on pourra se promener tout nus ou chanter dans notre salle de bain, pas eux,

devant 1 caméra devant plus de 100 caméras et autant de policiers, l'homme, la femme, l'enfant, la famille, devient détenu

 

Un détenu, il s'habille et il se tait, ou il hurle, en vain, certain que ses cris ne serviront à rien, certain de n'être pas entendu  par tous ceux dont il, elle, partage la vie depuis des années, depuis toujours.

 

Nous, on pourra prendre la voiture le vélo, nos pieds, l'un devant l'autre, et aller n'importe où, le nez au vent, sans risque d'être attrapé, coincé, embarqué  par je ne sais quel homme ou femme de loi, vers je ne sais où.

 

Demain, nous, on aura notre petit barda, nos vêtements, nos amis, le téléphone et puis notre lit douillet, la nature et le silence si l'on veut, les décibels et les vapeurs de kérosène à pleine puissance, sur les pistes de l'aéroport de Blagnac, nous, on ne les aura pas, comme ils les ont, eux les SANS PAPIERS.

 

Aujourd'hui, demain, tous les jours, les hurlements de nos consciences nous les feront hurler à pleine voix pour porter à toutes les oreilles la nouvelle infâme.

 

Demain nous saurons ce que nous ferons, ce qui nous arrivera pour la journée, le repas, la nuit, les SANS PAPIERS eux ne le savent et ne le sauront pas, jusqu'au moment ultime de leur expulsion.

 

Demain, dans un an, quand nous irons renouveler notre carte d'identité, nous serons calmes, pressés tout au plus pour notre départ en vacances, nous sommes libres

 

Nous sommes libres, AVEC PAPIERS et responsables de nous taire maintenant que nous savons, ou de parler,

 

Nous parlons, nous parlerons, nous écrivons, nous gueulerons pour que vous sachiez, que la France n'est plus terre de liberté et d'asile, que vos impôts sont très utiles pour emprisonner des hommes femmes enfants dont le seul crime est d'être SANS PAPIERS, de les nourrir médiocrement et, de les manipuler excessivement pour les briser, à petit feu, de façon certaine.

 

Nous avons le triste privilège de posséder sur notre sol un CRA (Centre de Rétention Administrative) qui contient 130 SANS PAPIERS, 130 êtres humains de tous âges sexes maladies nationalités histoires différentes, plus  de 100 caméras, des grilles en pagaille, des murs infranchissables bien sur,  100 policiers, 4 membres de la Cimade (association d'aide aux réfugiés) vous voulez encore des chiffres?

 

Une journée de fonctionnement du CRA coûte très cher en euros à l'état, mais elle n'a pas de prix quand on pense à la douleur et la violence subies par ceux qui sont enfermés à l'intérieur et qui ne restera pas toujours silencieuse.

 

Demain les policiers devront faire le chiffre attendu par leur ministère et remplir ce centre, quel qu'en soit le moyen

 

Nous ne tairons pas ce que nous savons et entendons jouer notre rôle de citoyens responsables de la France libre égalitaire et fraternelle.

LPS

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Formation CESEDA

Le Cercle des voisins a proposé deux sessions de formation sur la nouvelle loi CESEDA animées par Maître Benjamin Francos (ADE) les samedi 19 novembre et 10 décembre.
Nous vous proposons ici les vidéos et bandes sonores réalisés lors des séances.

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