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14/6/2019 - Maria * était passée le samedi 1er juin en audience devant Mme Estebe, juge des libertés et de la détention de la juridiction de Toulouse. Cette juge avait prolongé sa rétention de 28 jours maximum mais en expliquant que c'était juste le temps nécessaire pour attendre une place disponible dans l'avion pour Madrid. 

Ce n'est pas là qu'elle habite depuis 3 ans mais à Barcelone .

Tant pis! De toute façon, l'administration par son bras armé, ne ramène pas ceux et celles qu'elle juge indésirables là où ils résident habituellement. 

Pas de prise en compte non plus de sa situation familiale pourtant évoquée lors de cette audience par son avocat. En effet, son fils est resté seul à Barcelone. 

Quand nous la rencontrons ce mardi 4 juin au CRA de Cornebarrieu, ses mots se bousculent, s'entrechoquent pour nous raconter sa mésaventure. Nous nous voyons pour la 1ère fois dans ce parloir triste sous l’œil de la caméra de surveillance mais un lien de confiance s'établit aussitôt à tel point que sœur Claire-Anne qui vient pour la 1ère fois faire une visite au CRA demande si nous nous connaissons.Maria ne pensait pas que son voyage à Paris pour accompagner sa sœur allait prendre cette tournure, qu'elle se ferait arrêtée à la frontière et surtout, oui surtout qu'elle allait se retrouver à Toulouse enfermée dans un centre de rétention. Le franchissement de la frontière dans les Pyrénées Orientales peut en effet devenir un chemin de croix. Comme celui de Jésus, bouc émissaire aussi en son temps, un chemin peut être balisé par plusieurs stations. 

La 1ère est celle de la retenue dans un poste de police ou de gendarmerie, qui peut durer 16h pour vérifier la légalité du droit au séjour. C'est là qu'est rédigé le procès-verbal qui sera transmis au procureur si la personne devient ”illégale” aux yeux de la loi. 

La 2ème station est celle de la rétention ou privation de liberté dans cette prison pour étrangers appelée Centre de Rétention (CRA). Comme Maria est une femme, une escorte de 3 policiers viendront, à grande vitesse, l'amener au CRA de Toulouse-Cornebarrieu, qui a une secteur réservé à le gente féminine. 

Privée de téléphone, Maria ne peut pas prendre des nouvelles de son fils. Au bout de 48h, elle part avec d'autres, dans une voiture de police jusqu'au palais de justice et cette fois, on lui met des menottes. Cela, elle le vit comme une humiliation. 

La juge a ordonné la prolongation de son enfermement jusqu'à ce que l'administration lui trouve un vol pour Madrid.Selon la loi Colomb de septembre 2018,, cela peut durer 90 jours   Elle ne sait pas quand elle va pouvoir partir, elle s'inquiète pour son fils, elle pleure. Elle nous demande pourquoi on ne lui a pas dit simplement, au moment du contrôle à la frontière, que transiter en France était interdit. Elle aurait perdu le bénéfice de son ticket de voyage mais elle aurait pu rejoindre son fils librement et dignement.

Nos visites aux personnes enfermées dans les CRA sont de petits pansements sur de grands maux conséquences de lois inhumaines mais le lien tissé entre “Eux, Elles et Nous” nous façonne. 

“ Je suis comme chacun, et pareil à nul autre ; mon dessin est le mien, fait de bribes des autres et change sans arrêt, fait de ce que je fais et de ce qui m'advient, fait de ce que je pense et de ce que je rêve, et je ne suis que moi, je ne suis que vous tous, hommes et femmes, mes si étranges frères et sœurs” **

 

* le prénom a été changé.

** texte emprunté à https://blogs.mediapart.fr/gilbert2 et un peu modifié

 

 


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